POUR OU CONTRE LES JEUX OLYMPIQUES A SION ?

(PAR ARNAUD ZUFFEREY)

 

Etes-vous pour ou contre les Jeux Olympiques en Valais ?

 

La question se pose depuis 20 ans au moins. Sion 2002 ? Sion 2006 ? Sion 2026 ?

 

D’un côté il y a ceux qui voient une bonne promotion pour le tourisme et le secteur de la construction et de l’autre ceux qui voient déjà les déficits et les ruines.

 

On peut continuer d’investir des millions dans des dossiers de candidature,  espérer, débattre et attendre.. et rester dans cette position binaire pour/contre.. ou on peut innover et faire des jeux sur mesure pour le Valais. Oui sur mesure.

 

Vous connaissez le vélo ? Vous voyez la différence entre le Tour de France et la slow up ? D’un côté on a une manifestation coûteuse, qui s’adresse à une élite de coureurs sur-entraînés (qui a dit dopés ?) et de l’autre une manifestation tout public, bon enfant, peu coûteuse et qui touche un public régional.

 

Et si on faisait pareil pour les jeux ? Appelons-les Jeux Ouverts (JO) parce qu’ils seraient ouverts à tous. Disons 2020 parce que c’est demain. Faisons-les sur 13 mois pour montrer que le sport c’est possible toute l’année en Valais, quelle que soit la saison et la météo.

 

Profitons-en pour faire la promotion de toutes ces activités qu’on peut faire en Valais : VTT, natation, via ferrata, escalade, ski alpinisme, ski, patinage, rafting, stand up paddle, randonnée, parapente, tir sportif, sports en salle (karaté, badminton, volley..)… Osons ajouter des activités plus exotiques comme la slackline, la chute libre, le VTT électrique ou les courses de monopalme dans les lacs de montagne.

 

Dessinons un fil conducteur entre toutes les manifestations sportives du canton, de Sierre-Zinal à la patrouille des Glaciers en passant par le Grand raid.

 

Saisissons l’occasion pour faire le lien avec la culture et faire des animations, expositions, cérémonies qui mettent en valeurs nos humoristes, conteurs, musiciens, danseurs.

 

Mettons le tout en scène dans ce décor fantastique qu’est le Valais et impliquons les médias locaux pour faire une couverture médiatique exceptionnelle tout au long de l’année. Utilisons l’occasion pour faire des images à couper le souffle, du sommet des glaciers aux rives du Léman. (Valais gravé dans mon coeur version sport?)

 

Faisons ces Jeux Ouverts locaux, durables, innovants, sympathiques, conviviaux, avec les infrastructures existantes et quelques investissements durables et bien pensés.

 

Tendons la main aux remontées mécaniques, considérons-les comme partenaires et pas comme des assistés qu’il faut subventionner à fonds perdus en attendant le dernier flocon. Chaque destination pourrait recevoir des fonds sur la base d’un dossier, un peu comme le fait la Confédération avec les agglomérations. Les critères seront la durabilité, l’impact positif sur la société, l’économie locale, le tourisme, l’environnement, l’énergie..

 

Voilà un projet positif, qui pourrait rassembler les Noirs, les Jaunes, les PDC, les UDC, les Verts, les socialistes, les PCS, les radicaux, les sans parti et tous les autres dans un processus de co-création d’une nouvelle manifestation pour le bien du canton.

 

Est-ce trop utopique ?

 

“Ne doutez jamais du fait qu’un petit nombre de gens réfléchis et engagés peuvent changer le monde. En vérité, c’ est la seule chose que l’on n’a jamais fait.”  Margaret Mead

Commentaires : 16

  1. Aussi d’accord. Plutôt que de se ruiner pour une structure qui se fiche totalement de ses terres d’accueil (si ce n’est au niveau financier), imaginons des Jeux Ouverts qui unissent nos régions et cherchent les convergences les plus fortes pour montrer ce que nous sommes vraiment!

  2. Ça, c’est vraiment « le Valais d’abord ». Un événement inclusif, positif, créatif, .. exactement ce dont la région à besoin.
    Ça ne convaincra probablement pas ceux qui portent le projet actuel: les promoteurs et ceux qui veulent accueillir toutes les télés de la terre.

  3. Haha quand les ingénieurs se mettent aux sciences humaines appliquées….Je reconnais le principal mots clé du gestionnaire Stéphane Genoud de la HES : CO-CREATION. Mots-clé que Genoud a étudié à l’université de Neuchâtel : je connais très bien les professeurs et assistants qui travaille sur le bourrage de crâne de ces concepts exclusifs, inefficaces et empreints d’un déterminisme technologique excessivement autoritaire et utopique.
    Ce terme co-création désigne en fait tout un corpus théorique mettant en évidence le mythe de la prise de pouvoir que l’on nomme « empowerment ». La Banque mondiale s’y est beaucoup intéréssée: « En ligne avec le discours sur la « bonne gouvernance » déjà en vogue au sein des institutions de Bretton Woods, la promotion de l’empowerment nécessite […] de « rendre les institutions d’État plus attentives aux pauvres » (par la démocratisation, la décentralisation, le développement des associations de pauvres, la collaboration entre les communautés et les autorités locales, notamment). » Calvès 2009
    Cependant la réputation de la Banque mondiale etc. n’est pas très bonne et certains chercheurs comme Calvès (2009) abordent l’idée d’une instumentalisation de ce concept :  » Si à l’origine, l’empowerment est conçu comme une stratégie opposée au modèle dominant de développement top down, il est aujourd’hui présenté par les organismes internationaux comme un moyen d’augmenter l’efficacité et la productivité tout en maintenant le statu quo plutôt que comme un mécanisme de transformation sociale (Parpart, 2002). Moins soucieuse de la transformation des relations de pouvoir en faveur des pauvres que de la création d’un environnement propice à la pénétration du marché, la Banque mondiale, par exemple, impose une vision instrumentale de l’empowerment qui s’intéresse plus à la contribution des pauvres au développement qu’à la contribution du développement au pouvoir des pauvres (Wong, 2003 ; Mohan, Stokke, 2000). »

    P.S. Le choix de Margeret Mead est quelque part: un aveu du côté un peu « fake » de votre concept de co-création en mode très élitiste et coquille vide.
    P.S.2 Comment ne pas penser à l’agenda européen concernant la transition énergétique et les smart meters pour 2020… Je ne suis pas très fan de ce genre d’allusion discrète et peu franche dans un article.

    Source : https://www.cairn.info/revue-tiers-monde-2009-4-page-735.htm

    • Toi qui crois parler comme un livre et qui aimes changer de trottoir pour te regarder passer, va travailler, va à la mine. Tu y apprendras peut-être un peu d’italien, d’espagnol, de portugais, d’albanais et le français compréhensible par monsieur et madame Toutlemonde.
      Mais tu y verras surtout que quand on a deux bras, ce n’est pas uniquement pour écrire des théories de femmes saoûles à longueur de journée.

      • Il serait au moins utile de chercher la définition de facho dans le dictionnaire avant de communiquer de la sorte. Je vous conseille ce récent reportage de la RTS sur Mussolini et l’influence de sa maîtresse progressiste.
        Aille: vous êtes plutôt mal tombé : j’ai grandi dans une banlieue périphérique, j’aime bien les jobs d’ouvrier comme jobs d’étudiant et j’ai un peu de sang italien.

        P.S. J’ai l’impression que vous vous faites passer pour quelqu’un d’autre.

        • Magnifique opinion, vraiment bien documentée avec les références et les années. Je suis soufflé.
          Vous appliquez ce que vous avez lu ou ce qu’on vous a dit à des propositions concrètes de la vie valaisanne en vous basant sur des références complètement externes au problème. Je vous propose de vous impliquer réellement dans un développement concret pour votre quartier, votre région, votre ville ou à plus large échelle. Cela vous autorisera à comprendre la différence entre les livres et la réalité de tous les jours.
          Peut-être même que vous serez alors capable d’avoir un avis propre, forgé en partie par vos connaissances mais aussi par votre expérience, vos sentiments ou votre instinct.
          On pourrait appeler ça simplement la vie, plutôt que les sciences humaines appliquées…

          • Références externes ? Pas tant que cela puisque la « porte d’entrée » de mon commentaire provient du discours d’un ingénieur post-doc enseignant à la HES de Sierre. C’est intéressant puisque cette personne est très proche de projets liés à la transition énergétique.
            Et puis je ne fait que reprendre un point de vue critique d’un concept diffusé par des économistes et par la Banque mondiale (Etes-vous Frédéric Martin, gestionnaire de fortune pour la Banque privée Landolt et Cie ?).
            Vous me proposez de m’impliquer réellement dans un développement concret de quartier, région, ville etc. OK très bien, alors engagez-moi dans votre banque ou bien financez moi un projet : j’ai plein d’idées pour la plaine et nos stations. (Je peux vous faire gagner bien davantage d’argent que les gestionnaires inefficace malheureusement un peu trop à la mode par les temps qui courent)

  4.  » Saisissons l’occasion pour faire le lien avec la culture et faire des animations, expositions, cérémonies qui mettent en valeurs nos humoristes, conteurs, musiciens, danseurs  »
    Nos humoristes sont Recrosio et Lambiel … c’est pas gagné !!!!

  5. Je trouve l’idée intéressante et me fiche complètement de savoir si elle émane d’un ingénieur, d’un sociologue ou d’un maçon. Ce cloisonnement de la pensée dans des catégories rigides m’exaspère. Alors oui, les ingénieurs conçoivent des ponts, les maçons les construisent et les sociologues analysent leurs impacts sur la société. Pourtant, pourquoi un maçon ne pourrait-il pas parler intelligemment de son travail, le sociologue être également ingénieur et vice versa.

    Il y a certes une part d’utopie dans ce projet, mais c’est, pour moi du moins, ce qui fait une grande part de son attrait et je serais ravi de pouvoir participer à sa réalisation. Je suis certain d’y rencontrer des gens passionnants, capables de penser en dehors des schémas établis.

    • Cher Carruzo, le sociologue ne va pas t’apprendre à construire un mur, tout comme le maçon n’est pas l’expert dans la conceptualisation de l’utopie, du projet collectif, de l’illusion, du capital… Bon, il y a toujours les autodidactes très doués et faut le dire: les longues études ne sont pas un gage d’être un bon sociologue, loin de là : combien d’entre eux finissent à faire les larbins du capitalisme international contemporain. Bref, un bon sociologue se doit donc de ne pas oublier le développement des différentes catégories socio-professionnels (CSP) : dans ce cas, la question centrale est de prouver que la CO-CREATION et cette idée de l’augmentation de pouvoir des PME, des ouvriers etc. risque bien de n’être qu’une illusion pour mieux blinder le marché dominant (de par l’établissement d’une bonne conscience sur le papier car les conférences de consensus avec l’opposition inférieure ont tendance dans le milieu des sciences/ressources humaines, notamment en Valais, à n’être qu’artifices de bonne foi. )

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