LE CAS SEMBRANCHER. OMAHA BEACH (4)

23 février 2020

Le Nouvelliste cherche à obtenir depuis l’automne 2019 des documents officiels que la commune de Sembrancher n’a pas voulu lui transmettre en dépit des exigences légales et légitimes en matière de transparence de la vie publique. La loi prévoit, en cas de refus d’une corporation de droit public de transmission de ces documents officiels, que le requérant, en l’espèce un média, puisse requérir la médiation du préposé cantonal à la protection des données et la transparence, Me Sébastien Fanti. La rédaction du NF, de manière tout à fait cohérente, après le refus de la commune de Sembrancher de faire droit à sa requête, a saisi l’avocat sédunois, qui a la charge institutionnelle de conduire la procédure de médiation. Toutefois, le préposé cantonal, qui n’a pas la science infuse et qui ne lit avec son cerveau laser dans les archives communales secrètes, doit vérifier préalablement le contenu réel de la documentation voulue par le requérant, en l’espèce par le NF. Cette procédure est ainsi bien connue de la commune de Bagnes, dont le mandataire est le même que celui de la commune de Sembrancher, Philippe Lorétan, de l’Etude du Ritz à Sion. Celle-ci avait dû notamment produire le rapport Bender & Veuthey au préposé dans son intégralité avant que Me Sébastien Fanti ne choisisse dans le cadre de la procédure de médiation de caviarder un certain nombre de passages à fin de préservation d’intérêts privés. Sébastien Fanti s’est abstenu par exemple dans cette procédure, jusqu’à ce jour, d’exiger la production des annexes, lesquelles ne sont ainsi pas [encore] en main de la presse.

Saisi donc de la requête du NF à Sembrancher, Me Fanti a opéré strictement de la même manière : il a transmis la requête à la commune et il a demandé à la commune de lui transmettre les documents faisant l’objet du litige sur la transparence afin de déterminer leur contenu. La commune de Sembrancher, dûment conseillée, a choisi de répondre que le dossier était trop volumineux et qu’il ne pouvait donc être apporté dans les bureaux du préposé cantonal (nous verrons dans un autre épisode ce qu’il faut penser de cet argument). Me Fanti n’a pas discuté la pertinence de l’argument et alors informé simplement le mandataire de la commune qu’il se rendrait personnellement le 18 février 2020 dans les locaux de l’administration pour prendre connaissance desdits documents. Me Sébastien Fanti a strictement respecté la procédure et la loi.

Nous analyserons plus tard ce qui s’est produit dans la réalité le 18 février, lors de la venue à Sembrancher du préposé. Cet épisode du feuilleton porte sur la première réaction du mandataire de la commune.

La première phrase de la lettre incendiaire adressée par Philippe Loretan à Sébastien Fantia a la teneur suivante : « Le Secrétaire communal de Sembrancher m’a informé que vous avez débarqué le matin du 18 février 2020 dans les locaux de l’administration, sans prévenir la Commune de votre intervention ».

Cette phrase inclut tout d’abord une contre-vérité, certains diraient un mensonge : le préposé cantonal a prévenu la Commune de sa venue par lettre adressée au mandataire. Si celui-ci était absent, il ne peut de bonne foi reporter l’absence de communication à la commune sur le dos du préposé, d’autant plus qu’en son absence, vu le nombre d’avocats oeuvrant à l’Etude du Ritz, il devait prendre toutes les mesures appropriées pour que les clients soient informés des événements se déroulant en son absence. De plus, comme le savent tous les juristes de la planète terre, toute notification intervenue en mains d’un avocat est réputée avoir été connue du mandant. Par conséquent, la Commune de Sembrancher a été prévenue de l’arrivée du préposé cantonal.

Philippe Lorétan, peut-être en raison du fait qu’il n’a pas suivi une filière classique dans l’école publique, mais a obtenu son diplôme de maturité à travers une école privée, a une maîtrise de la langue française qui n’est pas celle à proprement parler d’un vrai lettré. Dans ce contexte, il n’est pas inutile de consulter le Dictionnaire de l’Académie française et de reproduire la définition du verbe débarquer qui s’y trouve :

I. DÉBARQUER

conjugaison verbe transitif et intransitif

xvie siècle. Dérivé de barque.
↪ voir aussi : II. Débarquer (n. m.)
1.  V. tr. Faire descendre à terre les passagers d’un navire ; en décharger les marchandises. Débarquer des troupes, des émigrants. Débarquer des troupes, des émigrants. Débarquer la cargaison. Fig. et fam. Écarter quelqu’un d’un poste, lui retirer sa fonction. Le conseil d’administration a débarqué le directeur commercial. Il a été débarqué au changement de ministère.

2.  V. intr. Quitter le navire pour descendre à terre. Nous avons débarqué à Rio. Spécialement. Cesser de faire partie de l’équipage d’un navire. Ce matelot débarque à la prochaine escale. Par extension. Débarquer d’un train, d’un avion. MILITAIRE. Effectuer un débarquement, prendre pied sur une côte ennemie. Les troupes alliées n’ont pu débarquer en raison du mauvais temps.

▪ Absolument et fam. Débarquer, arriver à l’improviste ; n’être arrivé que depuis un instant.Nous ne savons rien : nous débarquons. Être nouveau dans une ville, un milieu. Il ne connaît personne, il vient de débarquer. Iron. Ignorer des faits supposés connus de tousTu débarques ! D’où débarquez-vous donc ?
Ainsi, on peut affirmer que cinq acceptions sont envisageables, réunies dans ce dictionnaire sous deux chiffres :
Faire descendre à terre les passagers d’un navire; quitter le navire pour descendre à terre; arriver à l’improviste; ne savoir rien; ignorer des faits connus de tous.
Examinons ces points dans l’ordre choisi par le Dictionnaire.
Faire descendre à terre les passagers d’un navire
Personne ne dira qu’un lettré médiocre puisse avoir envisagé l’utilisation du verbe débarquer, fixé dans la première phrase d’une écriture judiciaire, comme une métaphore volontaire de la séquence. Pourtant, cette démarche intellectuelle eût été d’une rare finesse, puisque, le reste de l’écriture le démontrera, Philippe Lorétan veut débarquer Sébastien Fanti du dossier, transformant ainsi La Vérité sur l’affaire Sembrancher en un navire amiral. Là encore, à l’insu de son plein gré, l’avocat risque fort d’avoir raison, comme le démontrera la suite de l’histoire. En tout état de cause, la simple volonté d’un avocat de vouloir provoquer le débarquement de Fanti d’un dossier ne suffit pas à réaliser la chose. Dans un état de droit.

Quitter le navire pour descendre à terre

Le lecteur assidu constatera plus avant dans le feuilleton que l’Etude du Ritz a été contrainte de descendre à terre. A se demander même alors comment elle a songé stabilisé le navire.

Arriver à l’improviste

Il a été démontré ci-dessous que Sébastien Fanti n’est pas du tout arrivé à l’improviste, puisqu’il a annoncé sa venue par écriture préalable.

Ne savoir rien

Songer à un débarquement pour qualifier la venue à Sembrancher du préposé cantonal laisse penser que ce colonel de l’armée helvétique sait fort peu de choses de ce que peut-être réellement un débarquement.

Ignorer des faits connus de tous

Le but recherché par la Commune de Sembrancher, représentée par Philippe Loretan, est de laisser dans l’ignorance ceux qui voudraient savoir les pratiques réelles de l’administration communale. Nous verrons plus tard que les cachotteries du président et du secrétaire communal touchent non seulement les médias, mais également les autres membres du conseil communal. On comprend alors que l’avocat de la commune, plus avocat du président et du secrétaire que celui de la corporation de droit public, veuillent l’opacité sur des documents officiels et veuillent que le bas peuple demeure ignorants de faits qui devraient être connus de tous.
En fait, ce qui est recherché aujourd’hui par la Commune de Sembrancher, c’est d’éviter que tout lanceur d’alerte, soucieux du déploiement d’une vraie démocratie au sein de la cité communale, qu’ii soit médiatique, politique ou d’obédience exclusivement citoyenne, soit immédiatement arrêté dans ses démarches, jugées délétères alors même qu’elles révèlent simplement un souci de transparence citoyenne éclairée.
Bonjour à tous les hackers éthiques !

 

 

Les précédents épisodes de La Vérité sur l’affaire Sembrancher :

(1) Pincées de rêves

(2) Philippe Lorétan et son intérêt pour les revenus de Me Sébastien Fanti

(3) Philippe Lorétan et la carriole de Me Sébastien Fanti

(4) Omaha Beach

(5) Pincées d’espoir, publié demain dès 00 h 37-

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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