Références préalables conseillées :
Le Nouvelliste du 21 août 2015, Constructions litigieuses à Verbier: deux experts indépendants nommés, par Julien Wicky
L’1Dex du 9 avril 2020, Verbiergate. La traduction du rapport Baechler, par Stéphane Riand
(PAR STEPHANE RIAND)
Un observateur attentif de la vie politique valaisanne et connaisseur éclairé du Verbiergate m’a adressé, après lecture du rapport de Me Jean-Luc Baechler et de ma traduction de ce document un message whatsapp éclairant : « Mais, sur le fond, n’est-on pas revenu au point exact de l’expertise Bender-Veuthey qui disait déjà tout ça ? Je veux dire, la prescription et l’incommensurable perte de temps et d’argent en rapports creux en plus ». Et il complétait ainsi sa pensée : « Je l’ai relu avant. Tout ce que dit Baechler y est. En plus sec, en plus tapant. Et ils ont tous essayé de la minimiser, pour finalement y revenir. 4 ans de brassage d’air à essayer de se trouver des portes de sortie qui se sont refermées. Ils savent qu’ils sont cuits avec les annexes … ».
Oui, ce correspondant au regard affûté a totalement raison, on ne félicitera jamais assez ces deux esprits indépendants, Feu Me Pierre-André Veuthey et l’architecte Léonard Bender. Leurs analyses et déductions de février 2016 sont aujourd’hui encore indépassées.
Me Jean-Pierre Baechler, et ce n’est pas le moins curieux de son rapport, vante la commune de Bagnes pour sa transparence et sa volonté de connaître la vérité en expliquant précisément qu’elle a confié cette mission aux experts Bender & Veuthey. Mais l’incompréhensible réside précisément dans ces louanges, dès l’instant où les annexes à ce rapport, non encore publiées, mises en lien avec le texte du rapport non caviardé, dont le mérite de la publication citoyenne revient à Valéry Vouilloz, l’un des principaux opposants aux pratiques claniques et illégales de la munipalité de Bagnes, disent avec force le caractère pénal des infractions graves commises et avérées, mises en lumière ici à L’1Dex dans quelque 500 épisodes du Verbiergate depuis le mois d’août 2015.
Lorsque l’assassin et le violeur d’une employée de secrétariat engage un détective privé compétent pour trouver l’auteur du crime, il n’y a pas lieu pour un passeur d’information ultérieur de se féliciter de la transparence du criminel ayant mandaté Sherlock Holmes et Watson. C’est pourtant très exactement ce que fait dans son rapport Me Jean-Luc Baechler. S’il avait voulu être transparent et vrai, il eût simplement cité, mieux même, copié-collé, les mots soigneusement choisis par les premiers experts jamais contredits, qui portaient notamment sur les infractions pénales commises (gestion déloyale des intérêts publics, infractions pénales à la LFAIE, dispositions que l’on pourra compléter par celles d’abus d’autorité, de faux dans les titres ou/et de corruption passive et active).
Quatre ans après la découverte de la réalité criminelle en terre bagnarde, devenue un repère de brigands et de mafieux soutenus par une corporation publique conseillée par des hors-la-loi, Me Jean-Luc Baechler ose invoquer le temps qui a passé pour conclure à la complexité de l’affaire des constructions illicites. En réalité, le Verbiergate est extrêmement simple : des promoteurs et des architectes, toujours les mêmes, ont infiltré un organe politique, le conseil communal de Bagnes, ont violé les principales règles basiques du droit des constructions dans le but d’amasser de l’oseille et du pognon pour mener grand train de vie sur le dos de l’État de droit, sans que des chefs de service du canton du Valais n’interviennent pour faire cesser ces pratiques. Plus grave encore, ces chefs de service ont décidé de ne pas lire les écrits de ceux qui les informaient de la réalité. Et les conseillers d’État ont laissé faire.
Rien de complexe, Me Baechler, dans cette affaire : des criminels ont été découverts, et de faux pompiers tentent de cacher les incendiaires, d’édulcorer les preuves et d’embrouiller les esprits par des mots qui ont le goût d’un mauvais Bircher Muesli ou d’un pudding marocain réalisé par des Eskimos du Moyen-Orient.
Me Baechler avait la possibilité de paraphraser avec intelligence le rapport Bender & Veuthey et de révéler la portée des annexes, il a préféré faire quelques risettes lumineuses à ses commanditaires et laisser le soin au ministère public de dire le vrai sur ce scandale d’État.
La gravité extrême du Verbiergate, la corruption clanique commise à Bagnes, le renvoi honteux du « lanceur d’alerte » Luisier, les actes commis par des chefs de service cantonaux, couverts par des conseillers d’État (cf. épisodes liées aux clefs USB qu’a ignorées « l’expert » Baechler), disent avec force l’assassinat de l’État de droit en Valais par des forces politico-administratives connues et louées dans le Rapport Baechler.
Dans une terre de droit, ces voyous devraient connaître la poésie des barreaux et non les honneurs du pouvoir.
Bonjour aux résistants.
Post Scriptum : encore merci au citoyen et journaliste Julien Wicky pour son article du 21 août 2015 dans le NF qui eût pu être complété chaque semaine si la rédaction avait été moins frileuse; mais L’1Dex a suppléé à cette défaillance.
Un acte résistant, c’est aussi accepter de soutenir L’1Dex
Bref, tous les valaisans savent maintenant que des acte illégaux ont été commis à Bagnes avec la complicité du CE et de certains hauts fonctionnaires. Que justice se fasse.