L’humour ras du gazon du Tribunal fédéral apprécié par Michel Platini
16 août 2020
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Les lecteurs le savent, je n’ai pas la même lecture que Michel Platini des événements qui ont conduit l’ancien numéro 10 de la Juve et l’équipe de France à renoncer à briguer la succession de l’ineffable Sepp Blatter. Pourtant je ne résiste pas à vous transmettre une page du livre « Entre nous » dans lequel le champion français essaie de s’extraire de ce qu’il définit comme une injustice. A la page 216 de ce bouquin de souvenirs (1), l’enfant de Joeuf se moque à raison du Tribunal fédéral.
Lisons !
« Le 29 mai 2016. Trois mois après l’élection de Gianni Infantino à la tête de la FIFA, grâce au soutien financier et politique de l’UEFA, la décision du TAS (2) siffle la fin des procédures de la justice sportive (3) en ramenant ma suspension à quatre ans. Le tribunal fédéral confirme la sentence dans son arrêt qui manie l’humour ras du gazon pour mieux m’humilier. Il faut vraiment se frotter les yeux pour y croire. Extrait :
[,,,] Pour le surplus, l’interdiction prononcée devrait poser moins de problèmes, du point de vue de son étendue matérielle, dans la mesure où elle vise l’activité administrative et l’activité sportive. S’agissant de cette dernière, la portée de la sanction disciplinaire sera sans doute limitée. En effet à l’âge qui est le sien, le recourant ne saurait raisonnablement caresser l’espoir de redevenir le brillant footballeur qu’il fut jadis, le milieu de terrain qui fit la gloire des plus grands clubs européens de l’époque et l’extraordinaire tireur de coups francs qui désola nombre de gardiens de but chevronnés, puisque aussi bien en ce domaine comme dans beaucoup d’autres, le dicton populaire est de mise, qui veut que l’on ne puisse être et avoir été.
Une bien étrange sémantique employée par la plus grande instance juridique suisse.
Cette nouvelle sanction est évidemment calculée au cordeau puisqu’elle m’empêche à quatre mois près de concourir pour l’élection de juin 2019.
Elle ne me permet pas non plus de me rendre à l’Euro 2016 en France pour lequel je me suis tant battu. Un vrai crève-coeur. Mario Gallavotti et Aladair Bell, deux juristes proches de Gianni Infantino qui l’ont rejoint à la FIFA, me font passer ce message. Un incroyable deal : je fais l’Euro en tant que président et je donne ma démission sitôt la compétition terminée. Voilà à quoi ressemble la justice sportive à géomètrie variable. Je les envoie gentiment bouler ».
Michel Platini a expérimenté les qualités inestimables de la justice suisse.
Qu’il se rassure : il y a pire. Par exemple, dans Le Cri de Claudia Quarroz ! (4)
(1) Michel Platini, Entre nous, Editions de l’Observatoire, 2019
(2) Tribunal Administratif du Sport
(3) La fin des procédures ? Cette expression tient du voeu pieu, puisque rien n’est encore jugé.
Il ne faut jamais abandonner contre une bande organisée qui manipule les instances judiciaires