Etat du Valais, justice, ministère public. « Dis, Papa, c’est quoi un bordel ? »

7 janvier 2021

En Valais, ceux qui lisent L’1Dex le savent depuis belle lurette, nous sommes depuis longtemps dans l’ère du post droit. Depuis quand, m’interrogeront les plus curieux ? J’ose une date précise, celle du 23 juillet 2003 (1), celle de ce jour où le procureur général de Savièse a décidé qu’il était à même, par la grâce de ses prétendues connaissances en programmation neuro-linguistique, de lire dans les mouvements de la pupille de l’œil droit d’un prévenu si celui-ci était un menteur ou s’il disait la vérité sans que quiconque ne s’en offusquât (cf. L’imposture du regard, 1er juillet 2012). Ce jour-là, en sa qualité de juge d’instruction pénale doté de ces qualités psychiques tridimensionnelles d’extraterrestre, devant le grand chef du ministère public de l’époque, le Martignerain Jean-Pierre Gross, constatant un mouvement dans l’œil droit du méchant qu’il interrogeait, avant même que celui-ci ne se fût aventuré à répondre à une seule question, Nicolas Dubuis se leva subitement et, rouge de rage au sens premier de la chose, s’écria devant les personnes présentes médusées, « vous êtes un menteur, un menteur, un menteur ». La porte d’entrée de la salle d’audience, au loquet un peu vieux, se souvient encore du poids de ces mots qui provoquèrent chez moi cette légitime colère née d’une injustice couverte en direct par les dominants (magistrats et policiers aux ordres d’un abuseur en droit) qui entendirent le bruit tonitruant d’une porte qui ne voulait pas se fermer toute seule.

Et voici que récemment, sous la direction du procureur général, au temps du début du coronavirus, le capitaine Julien Reynard (cf. article du 3 avril 2020), également Saviésan, me convoque après que certains aient cru que des informations cruciales concernant Le Cas Sembrancher m’aient été transmises par quelque violeur du secret de fonction. Je décline fermement son offre tout en l’invitant à prendre connaissance de deux PJ, soit de deux actes de ventes immobilières, dont le contenu laisse penser à la commission avérée d’un délit pénal. Cette simple invitation faite à la police d’exercer son travail dans le strict respect de l’état de droit entraîna ipso facto le courroux du notaire plus que négligent qui, en sa qualité d’avocat, dépose à mon encontre une dénonciation pénale pour dénonciation calomnieuse pour le compte de l’ancien président de Sembrancher, le très brave Bernard Giovanola, PDC très orange, et pour le compte du très sobre secrétaire général de la même commune, le dénommé Daniel Émonet, cousin du juge cantonal au même patronyme.

Le notaire mis en cause, dont le nom est associé au titre du feuilleton publié à L’1Dex (2), choisit comme avocat le très orange Frédéric Pitteloud, juge cantonal suppléant (3). Et dépose à mon encontre une autre dénonciation pénale (4).

Et c’est là que les choses deviennent désopilantes pour ceux qui, naïfs comme moi, croient encore à la vertu du droit et de la loi.

Qui se saisit de la cause qui doit décider, dans l’affaire de l’acte litigieux (déguster sans réserve en recliquant ici), qui a stupéfait tous les notaires du canton ? L’ami du notaire lui-même, le procureur général en personne, dont les liens d’amitié ont été décrits dans le chapitre traitant de l’étroitesse  de la vérité (cf. article du 5 avril 2019) dans ce non-roman magnifique qu’est « Il est cinq heures, la justice s’éveille » (5). Ainsi donc Nicolas Dubuis enquête sur l’acte de vente immobilière instrumenté par le petit Filou (6). Je me suis inquiété auprès du Tribunal cantonal de cette proximité élective, mais on m’a délicatement fait savoir que ce m’était pas mes oignons. J’ai donc accepté la décision d’irrecevabilité de mon recours et versé 500 francs au greffe du Tribunal cantonal, le prix à payer pour savoir ce que pouvait penser un juge cantonal de cette méthode procédurale qui permet au procureur général de confier à lui-même la charge de punir – ou d’absoudre ! – son ami : j’ai appris que je recevrai une réponse seulement si j’étais personnellement concerné par le sujet. Je croyais l’être puisque ma qualité d’innocent pourrait dépendre du sort réservé à la qualité délictuelle des actes litigieux ! Un grand casuiste de l’Avenue Mathieu-Schiner en a décidé autrement.

Les choses auraient pu s’arrêter là. Mais le procureur général a des ressources mentales insoupçonnées. Organisant à sa guise le ministère public, il décida de confier la charge de l’instruction de la cause contre moi à dame Maryline Voirol Revaz. Et voyez-vous, Mesdames et Messieurs, c’est là ce moment béni des dieux où l’on démontre, et le Conseil de la Magistrature aura à traiter la chose (cf. Lettre au Conseil de la Magistrature), que le ministère public, à tout le moins une partie de cet établissement juridictionnel, utilise ses fonctions pour régler des comptes et non pas pour respecter le droit.

En effet, s’il y avait une personne, une seule, qui ne devait pas être désignée pour ces basses œuvres destinées à m’apeurer, c’est bel et bien dame Voirol Revaz. Pourquoi me direz-vous ? C’est très, très simple : l’avocat du Ritz et de Filou est l’Étude Jordan-Revaz, dont l’un des deux associés est le mari de la procureur Voirol-Revaz !

En matière d’apparence d’impartialité, fidèle à lui-même, le procureur général a – une nouvelle fois – fait fort, très fort.

Me Nicolas Rouiller s’est chargé de faire le ménage et a expliqué à la dame qu’il convenait qu’elle déguerpisse, ce qu’elle fit dare dare (cf. illustration A ci-dessous), sans que l’on sache si elle a été libérée d’un poids ou si elle a été humiliée qu’un avocat lausannois puisse estimer qu’elle ne revêtait pas toutes les qualités de l’impartialité telle que dégagée par la jurisprudence, la doctrine et … la loi.

Dans l’intervalle, Nicolas Dubuis a fait encore plus fort. Il a profité de l’occasion pour absoudre de toute faute son collègue Greter dans un autre dossier. Étant cette fois personnellement et encore concerné, j’ai saisi le Tribunal cantonal, qui ne pourra plus se défausser puisque je suis cette fois directement et personnellement touché par cette générosité du parquet cantonal à mon encontre, et je pose au Tribunal cantonal cette simple question : est-il décent que Nicolas Dubuis, dénoncé notamment par moi pour abus d’autorité et gestion déloyale des intérêts publics, ami de Filou Le Doux et, très récemment encore de l’autre associé de l’Étude Jordan-Revaz, dont les actes sont dénoncés à L’1Dex depuis très longtemps, ose s’occuper de mon cas en soutenant la qualité de son inestimable impartialité ? La réponse me paraît si évidente que je ne vous la confierai pas, partant du principe que votre cerveau n’est pas celui d’un lunaire (7).

À ce stade de déliquescence de la justice pénale valaisanne, je m’interroge : le Grand Conseil aura-t-il l’outrecuidance de renommer pour quatre ans supplémentaires en qualité de procureur général du Valais Monsieur Nicolas Dubuis ? (8) Je propose aux représentants du peuple qu’ils ne manquent pas Trial 4 sur Netflix.

Bonjour à mes vrais amis.

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(1) Sauf erreur !

(2) Philippe Lorétan et le cas Sembrancher : lire et déguster Le Filougate du 8 octobre 2020

(3) Quel est ce canton qui permet à un avocat de vendre ses talents à la magistrature qui décidera de son défraiement dans d’autres affaires et qui absoudra ou sanctionnera ses propres mandants ?

(4) Contre la vérité, en Valais, le vaccin s’appelle « déni et dénonciation ».

(5) Cliquer ici !

(6) Il n’est réellement pas grand.

(7) Cliquer ici.

(8) La rumeur dit que Jacques Melly, grand ami du papa de Nicolas, mène campagne pour que le magistrat qui fut si peu curieux dans le Lonzagate soit reconduit dans ses fonctions. Joël Rossier se demande bien pourquoi !

 

Illustration A :

I

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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