ELECTION AU CONSEIL D’ÉTAT : « L’ESPRIT DE TAVEL », MODÈLE POUR LE VALAIS DU 2-1-1-1 ?

11 février 2021

En 2006, Le Temps dans un article de François Mauron (1) a rappelé la réunion de Tavel du 19 novembre 1981 où, à l’issue d’une assemblée mémorable, le PDC fribourgeois, en lent mais constant déclin, avait renoncé de lui-même à la majorité absolue au Conseil d’État qu’il détenait depuis … 1856 ! Et, pour la première fois dans le canton de Fribourg, 3 démocrates-chrétiens vont cohabiter avec 2 radicaux et 2 socialistes.

Dans une étude de l’historien Jean-Pierre Dorand (2) intitulée « La politique fribourgeoise au 20ème siècle – De l’hégémonie conservatrice au pluralisme », notamment à hauteur des pages 102, les lecteur.rices intéressé.e.s [1] trouveront des précisions et des arguments intéressants pour orienter leur vote. Devant l’assemblée des délégués réunis à Tavel ce 19 novembre 1981, le président du PDC fribourgeois est clair : « Regardons l’évidence du présent. Ne rêvons pas du passé. Il faut savoir tourner la page soi-même ». Après l’élection qui conduira au 3-2-2, François Gross, journaliste politique et rédacteur en chef de « La Liberté » de l’époque, écrira : « Le peuple fribourgeois a voté l’équilibre ».

Puisse Vincent Fragnière devoir écrire une pareille phrase dans Le Nouvelliste au soir des premier et second tours.

Le retour à la démocratie et la stabilité politique apportés par la formule magique fribourgeoise en 1981 ont rétabli un climat serein favorisant l’essor économique de tout le canton selon l’historien Dorand, lui-même député PDC au Grand Conseil.

Aujourd’hui, en 2021, la composition du Conseil d’État fribourgeois est 3 PDC, 2 PLR et 2 PS ce qui, rapporté aux réalités valaisannes actuelles, correspond pour notre canton au 2-1-1-1, la formule de la concordance que beaucoup de citoyens appellent de leurs vœux.

Puisse le grand vieux parti valaisan avoir la sagesse de prendre exemple sur son pendant fribourgeois et, en attendant la proportionnelle souhaitée par la Constituante, adopter une proportionnelle de fait, comme dans la majorité des cantons suisses, et accepter le 2­‑1‑1‑1.

[1] Le langage épicène est parfois nécessaire.

 

 

Post Scriptum pour les esprits éclairés : le dernier « 1 » du titre ne se prénomme pas nécessairement Frédéric, car il y a de l’espace entre les deux tours.

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