Etat du Valais, élection au gouvernement. Un Conseil d’Etat masculin
11 février 2021
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(PAR EDDY BENEY, CONSEILLER MUNICIPAL A SIERRE, MEMBRE FONDATEUR DE L’1Dex)
UN CONSEIL D’ETAT MASCULIN
Pourquoi n’y arrive-t-on pas en Valais ? Pourquoi, malgré le travail de fond de Solidarités femmes, malgré les promesses des présidents de partis et des candidats lors de chaque élection, le Valais reste à la traîne au niveau de la participation des femmes à l’exercice du pouvoir à Berne et à Sion ?
Le 7 février, nous avons fêté les 50 ans de l’octroi du vote aux femmes de notre pays. A cette occasion, j’ai repensé à Françoise Vannay, Monique Paccolat, Rose-Marie Antille, conseillères nationales sortantes non réélues, ainsi qu’à Françoise Perruchoud-Massy, Cilette Cretton, Lise Delaloye, Marie-Claude Noth-Ecoeur recalées par leur parti au moment du choix et à bien d’autres encore terminant aux dernières places de leur liste lors d’élections au Conseil national.
Les 7 et 28 mars prochain, il s’agira d’élire un nouveau Conseil d’Etat. Les électrices et électeurs de notre canton pourront soit privilégier un 5-0, gouvernement composé de 3 PDC, 1 PLR et 1 UDC, monocolore, qui nous ramènerait 24 ans en arrière ou un gouvernement 2-1-1-1 soutenu par les partis minoritaires qui verrait les principales forces politiques de notre canton y participer activement. Ce type de gouvernement adapté aux exigences de ce 21e siècle, sera à même d’apporter des solutions aux grands défis qui attendent notre canton.
Cette formule magique 2-1-1-1, qui existe d’ailleurs au Conseil fédéral depuis 1956 a fait ses preuves en apportant stabilité, confiance et richesse à notre pays. Elle peut se décliner sous différentes formes : 2PDC, 1PLR, 1PS ou Vert et 1 UDC ou 2PDC, 1PLR, 1PS et 1Vert ou alors 2PDC, 1UDC, 1Vert et 1PS et permettre une lisibilité des prises de décisions, susceptibles de trouver des majorités au parlement.
Comment effectuer le bon choix lors de cette prochaine élection ?
Et si l’on s’inspirait de nos cantons voisins ? En les observant de plus près, on peut tirer de précieux enseignements.
Le premier : dans tous les cantons romands, au Tessin et à Berne et même au Conseil fédéral, siègent des personnes de droite et de gauche avec une majorité de droite à Genève, Fribourg, Berne et au Tessin et une majorité de gauche à Neuchâtel, au Jura et à Vaud.
Le deuxième : tous ces cantons, sans aucune exception sont représentés au Conseil des États par des élus de deux partis différents, un de droite et un de gauche, sauf à Genève avec une Vert et un PS et chaque fois par une homme et une femme sauf Berne avec 2 hommes.
Le troisième et sans aucun doute le plus intéressant : dans les exécutifs de TOUS ces cantons, sans aucune exception, des femmes sont membres des Conseils d’État. Genève et le Jura en comptent même deux. La palme revient bien sûr au canton de Vaud avec 5 femmes, 3PS, 1PLR et 1Vert. Le Conseil d’Etat vaudois est d’ailleurs dirigé par Nuria Gorrite pour une durée de 5 ans.
Voilà de belles sources d’inspiration à même de motiver les Valaisannes et les Valaisans à effectuer le choix qui donnera le plus de perspectives aux femmes, à l’avenir.
Ma conclusion : aussi longtemps que le parti majoritaire mettra à chaque élection toutes ses forces pour maintenir sa majorité absolue au Conseil d’État et aussi longtemps que les partis minoritaires devront se battre à chaque élection pour rester au Conseil d’État ou pour y revenir, la question sur la participation des femmes restera encore pour des décennies dans les placards.