Etat du Valais. Le Nouvelliste en mission pour sauver le président du gouvernement

19 juillet 2021

Frédéric Favre a donc voulu s’attaquer à la liberté de la presse, jouer au censeur exécutif et contrôler la rédaction et le temps de diffusion des médias.

Devant cette agression sans pensée, Le Nouvelliste a immédiatement rempli son rôle d’agent de communication de ce pouvoir chancelant : il fallait tout de même sauver la tête de ce gouvernant chancelant.

Dans un premier temps, on privilégia la tactique de donner la parole à Frédéric Favre qui, contraint et forcé, évoqua une simple erreur dans la relecture du document provenant de son administration. Mais, les réseaux sociaux s’agitant, il fallait encore la voix du rédacteur en chef du NF pour calmer la tempête qui s’annonçait. On n’attendit point l’édition papier du 19 juillet, on permit à Vincent Fragnière de s’exprimer dès ce dimanche sur la toile. Et ça donna ceci :

« Mais, si le conseiller d’Etat PLR a avoué « avoir mal contrôlé le texte au moment de signer la directive », le plus grave est surtout qu’un membre de son état-major puisse imaginer un organe public comme un canton avoir des relations avec les médias de cet ordre-là en 2021. Au final, cette affaire n’a qu’un seul mérite : permettre aux citoyens de voir la grande différence qu’il y a entre du journalisme et une certaine vision de la communication d’Etat. »

Bullshit !

Car l’intention qui se cache derrière ce message est de faire croire au peuple des citoyens de notre canton que l’idée de la censure n’a pas germé dans la tête du président du Conseil d’Etat mais dans celle de l’un de ses chefs de camp. Comme si un sujet si sensible pouvait ne pas éclore en premier lieu dans la tête incohérente du président.

Imaginons pourtant que Vincent Fragnière dise vrai (je ne le crois pas une seule seconde !) et qu’un membre de l’état-major de Fredo se soit lancé dans cette exercice ridicule de concevoir une sorte de règlement pour maîtriser la presse. Cela signifierait tout simplement que ce département part totalement à la dérive. En effet, en sus de Maurice Chevrier qui propose des projets sans lire les recours ou sans disposer des décisions attaquées, en sus de Sergio Biondo qui méconnaît les plans d’architecte et ne sait pas plus les lire, existerait un autre fonctionnaire dont la tâche serait de piéger son chef et de lui faire signer des circulaires sans avoir reçu l’ordre préalable de préparer un texte qui réponde aux attentes de son supérieur. Le département des institutions est donc sans gouvernail !

Je rejoins cependant Vincent Fragnière sur le dernier point : cette affaire a le mérite de permettre aux Valaisans de distinguer entre du journalisme, L’1Dex, et une certaine vision de la communication d’Etat, parfaitement remplie par le quotidien préféré des Valaisans. Frédéric Favre, quant à lui, est soulagé : le NF a compris qu’il ne s’agissait que d’une légère erreur.

Faut oser prendre le lecteur à ce point pour un crétin. Ça mérite un prix ça, non ?

Cette séquence ne semble pas émouvoir le chef du service de l’information de l’État du Valais, André Mudry, à qui personne n’a demandé qui est l’initiateur de la directive attentatoire à la liberté de la presse. Probablement parce que chacun a compris que le président du gouvernement est lui-même à la source de cette montruosité antidémocratique et du rétropédalage subséquent à la mode de « j’ai les mains dans la confiture, mais c’est mon copain Vespasien qui a tout mangé le contenu du bocal».

Le vrai mérite de la chose est une confirmation : en Valais, l’antonyme de responsable est politique.

Bonjour à tous les irresponsables.

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “Etat du Valais. Le Nouvelliste en mission pour sauver le président du gouvernement”
  1. La vraie question est de savoir pourquoi les journalistes ne cherchent pas à connaître le nom du haut fonctionnaire qui aurait pondu cette directive s’attaquant à la liberté de la presse, directive mal relue par FF ?

    Tout simplement parce qu’ils savent que ce haut fonctionnaire n’existe pas ! Cela signifierait que FF a menti en plus d’avoir voulu jouer avec la censure.

    En Valais, les journalistes font semblant. Ils ont la trouille des puissants. Ils sont faibles et préfèrent regarder ailleurs.

  2. Je le dis et le répète : l’1dex est un média de salubrité publique, bravo et merci à Me Riand. Tout est dit dans cet article, et la conclusion est pour moi limpide : voter et pire réélire certains sbires au gouvernement, ne pas boycotter le NF, cela tient du sado-masochisme ou de l’amour du servage.

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