Etat du Valais, procureur général. Des larmes de crocodiles

4 février 2023

1

L’1Dex

Du 1er mai 2011, date de sa création, jusqu’à ce jour, L’1Dex a porté sur la place publique les carences et défaillances multiples du ministère public sous la responsabilité du procureur général Nicolas Dubuis. Le Grand Conseil, avec une courte majorité et sous huis-clos, avait choisi de ne pas changer de procureur général.

2

Le Conseil de la Magistrature

Le 24 novembre 2022, le Conseil de la Magistrature a délivré un rapport très sévère sur le fonctionnement du ministère public cantonal : chef de pacotille, désordre, inimitiés, opacité, arbitraire et déliquescence, tels sont les signifiants majeurs qui pouvaient qualifier la chose.

 

3

Saint Mathieu

J’indiquais alors que la critique la plus sévère que je portais contre ce rapport était celle de l’immense et infinie clémence dont on a voulu faire preuve contre le ministère public. Il est à mes yeux d’une certitude absolue que la bienveillance rédactionnelle du Conseil de la Magistrature a sa source dans le fait que le procureur général est membre de droit … du Conseil de la Magistrature.

 

4

Les premières réactions politiques

Le 13 décembre 2022, le NF relevait les premières réactions politiques, marquées encore du sceau d’une bienveillance retenue. Vincent Roten, PDC, relevait la nécessité d’une réaction immédiate. Doris Schmidhalter-Näfen disait la nécessité d’un départ volontaire ou d’un licenciement par le Grand Conseil et Céline Dessimoz relevait qu’il ne fallait pas faire semblant de voir seulement maintenant les problèmes.

 

5

Refonte ombragée

Peu avant le 17 décembre 2022, Frédéric Favre, le conseiller d’Etat en charge du département des institutions, souhaitait une refonte complète du ministère public. Cyrille Fauchère, UDC, observait que les manquements du procureur général portaient ombrage à l’ensemble du ministère public.

 

6

Un huis-clos irreponsable

Au début du mois de janvier 2023, Sébastien Fanti, ancien préposé cantonal à la protection des données et la transparence, a indiqué que la nomination du procureur général à huis clos avait porté une grave atteinte aux institutions valaisannes.

7

Tahiti

Le 3 janvier 2023, s’appuyant sur un rapport judiciaire français, L’1Dex concluait … « Le Valais, c’est Tahiti ! ».

8

Démission

Le 4 février 2023, le NF titrait en page 3 : « Pour une démission rapide du procureur général ».

Sarah Constantin ne mâche pas ses mots. «Nicolas Dubuis devrait partir tout de suite», appuie Sarah Constantin (PS/GC). «J’entends l’envie de laisser un Ministère public qui fonctionne, c’est plutôt bien intentionné, mais dans ce cas, c’est de l’orgueil mal placé», ajoute la socialiste.

Chef de file de l’UDC, Grégory Logean s’interroge, lui aussi, sur le délai de la démission. Temporiser, dit-il, c’est tenir «une position ambiguë». Il précise: «Ne faudrait-il pas donner l’opportunité au successeur du procureur général d’entreprendre la refonte de l’institution avec un regard nouveau? Il doit pouvoir apposer son empreinte sur ces réformes.» De plus, ajoute l’élu agrarien, «tant que la démission ne sera pas formelle, le processus de recrutement des candidats ne pourra pas être lancé».On apprend alors que la démission n’est pas même effective.

Son homologue PLR, Sonia Tauss-Cornut, est tranchée. Nicolas Dubuis doit s’en aller. Et le plus rapidement possible. «Le Ministère public est en crise depuis des années et le rapport du Conseil de la magistrature n’a fait que le confirmer. Le procureur général est l’une des raisons pour lesquelles l’institution dysfonctionne, ce n’est donc pas à lui de porter des réformes», souffle Sonia Tauss-Cornut.

Seule Céline Dessimoz, la Verte, déraille : «C’est la personne la mieux placée pour modifier une structure dont il connaît bien les points forts et les points faibles», relève Céline Dessimoz, cheffe de groupe des Verts. «Son départ est une bonne nouvelle pour la crédibilité de l’institution, mais il faut lui reconnaître la volonté de bien faire.»

Globalement, les élus reconnaissent «une erreur de casting».

Sonia Tauss-Cornut reconnaît «ses responsabilités dans cette affaire». L’élue PLR file la métaphore: «Le Parlement est comme une entreprise. Si les personnes ne correspondent pas aux attentes, la faute incombe à ceux qui les ont engagées.» Même à huis clos.

9

Pourquoi lui ?

L’1Dex, sous ma plume, enfonçait le clou le 1er février 2023 : « Et puis la même question, récurrente, répétée, indispensable : est-il sérieux de confier la prétendue nécessaire réorganisation du ministère public au procureur général alors que les dysfonctionnements réels constatés ont leur origine essentiellement dans la personnalité de Nicolas Dubuis dont la vocation pour cette fonction n’était pour le moins pas naturelle ? »

10

Un homme d’honneur

Le 3 février 2023, une amie du procureur s’exprimait sur facebook.

Voici la substance de son propos :

« Je suis un homme de parole et d’ honneur ! Je traiterai les dossiers ! « 
C’ est mon ami Nicolas Dubuis le procureur général du Valais aujourd’hui dans la bourrasque médiatique qui vient de me dire ça !
Pourquoi je publie ceci ? Parce que dans cette tempête médiatique, je veux témoigner moi aussi…Et affirmer que quoi que Nicolas Dubuis fasse décide ou dise ou pense il aura toujours contre lui ceux qui font comme lui, ceux qui ne font pas comme lui ou ceux qui ne savent rien mais bavardent à tort et à travers. Un procureur n’a pas beaucoup d’amis mais ses ennemis sont légions ! C’ est le métier. Pour lequel il n’était probablement pas assez armé pour le faire! Je ne connais pas toutes les exigences du conseil de la magistrature qui a rendu un audit correct et éclairé. Et ce n’est pas mon propos ici ! Je ne suis personne. Juste une grande amie de Nicolas Dubuis et la chasse à courre lancée contre lui me fait vomir. Ceux qui lâchent leur chiens contre lui sont de purs salauds. Et si un drame survenait ce serait les premiers à verser des larmes de crocodiles.
Nicolas Dubuis n’était pas le procureur de rêve idéal pour les aficionados des séries populaires. Il n’est pas le cow boy qui arrête les méchants comme dans une sous série. Il n’est pas un proc d opérette Il fait du droit. Il a certainement fait des erreurs en n’osant pas être un leader exigeant et dur dans ses bureaux. Il est un homme de cabinet qui fait du droit. Et puisque ce n’est pas ce qu’on attendait de lui alors on lui a livré une guerre sans merci qui a trop duré. Je pourrais continuer à requérir moi aussi contre cette curée indigne. Je retiens juste que cet homme est un Juste qui a eu l’humilité de reconnaître les justes exigences du conseil supérieur de la magistrature et qu’ il va nettoyer les écuries d Augias qui ne datent pas d’hier….Laissons lui faire ce qu’ il s’est engagé à régler. Il n’est pas un lâche.

Quand à ceux qui voudraient m’incendier ici ou me moucher je leur dis juste que cela m indiffère totalement. Je défends un ami et je sais que personne n’imagine combien d enfer un homme peut traverser. A Nicolas Dubuis je dis … »une main à l’ouvrage et le 🧡 coeur avec Dieu ! ».

11

Le sacré

L’amitié, c’est sacré, on ne va donc pas la piétiner en mouchant celle qui l’invoque.

12

« Je traiterai les dossiers »

Il est proposé la relecture de la fable d’Esope « L’Enfant qui criait au loup ». La morale de la version grecque est « que les menteurs ne gagnent qu’une chose, c’est de n’être pas crus, même lorsqu’ils disent la vérité ». On permettra à un grand nombre d’avocats, de justiciables, de parties civils, de criminels innocentés ou non, d’être convaincus que le magistrat qui a notamment vrillé dans les affaires du petit Luca, du vigneron fraudeur, de Cri Cri d’Amour le footeux, de H. B., de Ignace Rey et de tant d’autres, puisse aujourd’hui n’être cru que par ses amis.

13

Bavardage

Après plus de dix ans de critiques argumentées et toutes fondées, jamais démenties, L’1Dex peut affirmer qu’il n’est dans le camp ni des bavards qui ignorent tout des choses, ni de ceux qui font comme le procureur général.

14

L’absence d’amis

Le procureur a plein d’amis, ces gens qui lui veulent tant de bien. Il est suggéré ici aux historiens judiciaires du Valais contemporain de [re]lire Le séjour institutionnel de Dick Marty en Valais, La vérité sur l’affaire Alain Cottagnoud ou Il est cinq heures, la justice s’éveille. On en dira autant de Pierre Cornu, procureur ad hoc, qui a su l’épargner hors du droit procédural. Certains héros du feuilleton sur la Bléquie ou sur le Tornaygate sont proches du procureur général. Et que dire du traitement par l’ensemble du ministère public cantonal au sujet du Verbiergate. Non, non, Nicolas Dubuis a plein d’amis.

15

Les salauds et les larmes de crocodiles

« Ceux qui lâchent leur chiens contre lui sont de purs salauds. Et si un drame survenait ce serait les premiers à verser des larmes de crocodiles ». 

Je m’interroge : quel qualificatif approprié doit-on utiliser à l’encontre d’un magistrat qui a adopté le comportement qui fut le sien dans L’imposture du regard ?

Une autre question : les larmes de crocodiles versées par les proches du procureur général à nommer ont-elles dans le huis-clos gagné quelques voix ?

16

Aficionados

Nicolas Dubuis était l’homme idéal pour ses aficionados. Il l’a largement prouvé.

17

Cow-boy

Il n’est pas le cow-boy qui arrête les méchants. Mais alors serait-il un chef indien qui s’en prend aux gentils ?

18

L’opérette du droit

Il fait du droit, mais ne scénarise pas des opérettes. Je crois le contraire et je peux le démontrer avec l’épisode du mouvement de la pupille droite d’un prévenu à condamner. Spectateur de la chose, j’ai assisté à l’évidence à une scène d’opérette et non pas à un exercice de légalité !

19

Un Juste

Le titre de Juste, avec une majuscule, est décerné au nom de l’État d’Israël par le mémorial de Yad Vashem. Nicolas Dubuis n’est pas ce Juste-là.

Serait-il un juste, avec une minuscule ? A qui l’a-t-il prouvé en acte ? A ses amis ? Serait-ce un critère de distinction ?

20

Une curée indigne

La dignité, telle que je la comprends de ce texte, aurait été le silence devant des injustices crasses ? Ce qui est indigne, me semble-t-il, dans la séquence, c’est le mésusage d’un mot éminemment digne : la dignité.

21

Les écuries d’Augias

Augias possède un immense troupeau de bétail, mais les étables où il séjourne, n’ayant pas été nettoyées depuis trente ans, sont devenues tellement sales qu’on ne peut plus y accéder. Assimile-t-on dans ce texte la Rue des Vergers, dirigée par le procureur général, à des écuries d’Augias ?

22

Un lâche

Les excuses sont-elles davantage présentées par les courageux ou par les lâches ?

23

L’enfer

Ce magistrat aurait traversé l’enfer. Alors, il aurait connu un peu de ce qu’ont enduré ceux qui ne sont pas ses amis.

24

La juste fin

Le procureur général doit quitter le ministère public avant son adjointe, dit le simple bon sens.

Soutenir L’1Dex et l’encourager à persévérer dans ses décryptages de la justice

 

Post Scriptum :

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

2 thoughts on “Etat du Valais, procureur général. Des larmes de crocodiles”
  1. Quoi qu’en disent ses amis, cet homme est aussi complice de plusieurs enlèvements d’enfants et de manière consciente car cela rapporte du fric par la violence maintenue avec l’injustice couverte contre des parent aimants.

    Donc durant ces quelques mois qui lui reste, vais-je croire qu’il sauver tous ces enfants concernés ?

    Je pense plutôt qu’il essayera de mettre les dossiers dérangeant sous le tapis avant de partir et il y en a tellement, qu’il a besoin d’une année.

    Il tente de partir en se jetant des fleurs lui-même, c’est du n’importe quoi ! Et le Conseil de la Magistrature va mettre quoi dans son rapport de l’année prochaine ? Qu’il a fait un travail impeccable avant de partir ?

    Personnellement, je pense que ce ne sera plus la même Présidente à ce moment. Les cartes du château tombent,…

    « Un seul oiseau en cage, et la liberté est en deuil. » – Jacques Prévert

  2. « Je pense plutôt qu’il essayera de mettre les dossiers dérangeant sous le tapis avant de partir et il y en a tellement, qu’il a besoin d’une année ».

    Absolument d’accord avec vous.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.