HÔPITAL RIVIERA-CHABLAIS (HRC). UN DESASTRE … VALAISAN ? LE SILENCE DU NOUVELLISTE (I – XXII)

6 mai 2020

Que tous ceux qui connaissent les vingt-et-un premiers chapitres sautent au numéro XXII.

I

LIMINAIRE INTRODUCTIF

Les révélations stupéfiantes portant sur le gouffre financier auquel est confronté l’Hôpital Riviera – Chablais (ci-après HRC) méritent assurément un feuilleton. Mais la chose sera abordée un peu différemment. Cet article, publié la première fois ce 30 avril 2020, sera complété pas à pas. Le lecteur pourra ainsi se référer à un seul document et le parcourir plusieurs fois.

Le Valais hospitalier, les lecteurs de L’1Dex le savent, avait perdu la boule sous Maurice Tornay, conseiller d’Etat, plus versé dans la finance que dans la santé, et sous l’ancien médecin cantonal, Georges Dupuis. A l’évidence, il n’est pas tout à fait sûr aujourd’hui qu’à Charybde n’ait pas succédé Scylla.

Le Valais de la gratitude déplacée, du fonctionnariat infatué et de la psychiatrie managériale, est un territoire inconnu du simple citoyen. Mais, en ces temps inhospitaliers, le regain d’intérêt pour la santé publique pourrait amener quelques-uns à s’intéresser au plus près à ces choses d’un grand intérêt pour la Cité.

Si des médecins, même sous le couvert de l’anonymat le plus strict ou à visage découvert, voulait contribuer à éviter un désastre valaisan, ils seraient accueillis avec une grande bienveillance.

L’Hôpital du Valais est une institution trop importante pour être abandonné au désintérêt de tous.

 

II

UN GOUFFRE FINANCIER

Selon l’Agence Télégraphique Suisse, qui n’est pas un média rebelle ni anticonformiste, la situation financière est d’une gravité telle que le déblocage d’un fonds de roulement de Fr. 80’000’000.- (quatre-vingt millions de francs suisses) n’est destiné qu’à éviter une faillite à court terme.

De même, les coûts de construction ont pris l’ascenseur; le coût final devrait atteindre quelque 440 millions de francs suisses, soit 90 (nonante ou quatre-vingt dix) millions de francs de plus que le montant fixé dans le budget initial de 2012. Il semblerait que ce montant doit encore être consolidé pour déterminer le montant final du coût de construction.

On comprend que le Conseil d’Etat, très désorienté par l’évolution du dossier, veuille conduire un audit sur la finance et un audit sur la gouvernance : ça peut saigner. Gravement.

III

REBECCA RUIZ

 

https://www.rts.ch/play/tv/19h30/video/rebecca-ruiz-les-debuts-sont-difficiles-il-faut-pallier-les-gros-problemes-de-tresorerie–la-situation-est-tres-delicate-?id=11287157

 

IV

ATS

 

Le Nouvelliste s’est contenté, grossièrement énoncé, de reprendre la dépêche de l’Agence Télégraphique Suisse.

Il est assez incompréhensible que le NF n’ait pas imaginé devoir interroger le Docteur Bonvin, qui aurait pu permettre aux citoyens, qui sait, comment l’hôpital est arrivé dans cette situation. Vincent Fragnière, le rédacteur en chef, est en contact journalier avec le Dr. Eric Bonvin, mais n’a pas pensé devoir poser quelques petites questions à ce psychiatre émérite devenu une sorte d’énarque du manageriat dans la santé publique.

Le silence de ces trois administrateurs valaisans, d’EWK, du Conseil d’État, du médecin cantonal Christian Ambord, de Victor Fournier, chef du service cantonal de la Santé, de Vincent Fragnière, est assourdissant dans le Nouvelliste de ce jour, la rédaction ayant préféré se fier à la dépêche de l’ATS.

 

V

Le Conseil d’Etablissement

L’organe exécutif supérieur de l’Hôpital Riviera-Chablais est le Conseil d’Etablissement, qui est, en fait, un conseil d’administration. Le Valais est doté de trois sièges au sein de cet organe (1) :

A.

Deux membres sont proposés par le Cosneil d’Etat valaisan :

 

B.

Le troisième membre est désigné par … le Réseau Santé Valais :

Le HVR a été inauguré officiellement le 29 août 2019.

 

VI

La presse

 

Le Nouvelliste soutient que ses lecteurs journaliers représentent quelque 140’000 citoyens valaisans. Ce journal entretient des  relations très étroites avec le Réseau Santé Valais, finançant, à travers de la publicité rédactionnelle, le quotidien préféré des Valaisans.

En ce temps de coronavirus, la rédaction en chef, par Vincent Fragnière, a choisi de s’entretenir chaque jour avec le Professeur Docteur Eric Bonvin, devenu communicateur en chef de l’Hôpital du Valais. Pourtant, le NF s’est tu et n’a voulu interroger aucun des acteurs valaisans principaux oeuvrant au sein de l’HRC.

Vincent Fragnière et Eric Bonvin sont devenus soudainement bien silencieux.

Le journalisme d’investigation appartient ainsi en Valais comme un objet de la préhistoire.

 

 VII

« UNE FAUTE CRASSE »

Les personnes formées simultanément dans le champ du droit et des sciences commerciales savent qu’avec l’utilisation du syntagme « une faute crasse », amené dans le champ de la gestion d’une entreprise, l’on se rapproche dangereusement d’un soupçon avéré de gestion déloyale au sens du code pénal suisse.

Mais le politique, en terres vaudoise et valaisanne, peine à vouloir respecter l’Etat de droit et les ministères publics, dans ces deux cantons, sont d’une indépendance toute sélective.

Rappelons que les procureurs peuvent d’office ouvrir une enquête préliminaire en se fondant simplement sur des soupçons.

On ne demandera pas pourquoi les journalistes, vaudois ou valaisans, n’interrogent pas les procureurs généraux des deux cantons sur le sujet.

VIII

LES CHOIX CLANIQUES DU VALAIS

 

Le Valais a été phénoménal, oui proprement phénoménal, dans le choix de ses représentants au sein du « conseil d’administration » du HRC.

 

Jean-Jacques Rey-Bellet, orange de chez orange, n’a strictement aucune expérience dans le champ de la santé publique. Il perçoit déjà une retraite versée par les contribuables valaisans, et le voilà subitement propulsé au sein du Conseil d’Etablissement du HRC : une pitrerie clanique. Si la cooptation orangée avait pour but non les remerciements claniques régionaux, mais le bien-être de la Cité, il eût mieux valu alors désigner Maurice Tornay, dont les compétences, non pas dans le champ de la santé publique, mais dans celui des états comptables, eût cent fois meilleur. Mais le Conseil d’Etat, chez nous, n’a plus le souci de la compétence ni celui de la diversité. Il est embrumé dans un fonctionnement saccadé marqué d’une seul couleur. L’insupportable domine.

Le choix de Eric Bonvin est encore plus époustouflant. Le poste de directeur d’hôpital est un poste à plein temps, ce qui pourrait, par exemple, permettre à la population valaisanne de disposer de cinquante unités par citoyen. Si le Conseil d’Etat avait eu le souci d’une distribution saine des prébendes, il eût dû désigner un autre médecin, libre de pensée et compétent dans d’autres domaines que celui de l’hypnose.

Le nirvana de la dérive institutionnelle fut de placer Georges Dupuis dans la fonction d’organe exécutif. Après les dérives ineffables survenues à l’Hôpital du Valais, il fallait oser un tel choix.

Le Valais clanique déviant a triomphé.

Le contribuable est prêt à fêter ce succès en savourant une forêt noire dont la cerise délicatement posée au milieu du gâteau aura un coût remarquable.

 

IX

L’HÔPITAL CANTONAL DU VALAIS EN DANGER

 

Le Valais a prévu, et déjà octroyé les crédits à cet effet, la construction d’un nouvel hôpital cantonal, à Sion, au sud-ouest de l’établissement actuel. La somme prévue est de quelque 250 millions de francs suisses, qui permettra la création de 14 salles d’opérations et de quelque 450 lits (y compris pour les ambulatoires [environ 50]).

Mais, aujourd’hui, le Valais est mis à contribution massivement pour renflouer au moment même de sa naissance un hòpital intercantonal dans un très sale état.

Une autre difficulté peut éclater au grand jour : en renflouant le HRC, l’Etat de Valais va limiter ses contributions à l’Hôpital du Valais, qui ne pourra plus engager des médecins très compétents, ce qui aurait été réalisable dans un environnement sain.

 

X

CONFLITS D’INTERÊTS MASSIFS

 

Qui osera soutenir, au Grand-Conseil, au Palais du Gouvernement, dans la Cité, que le choix de Eric Bonvin était adéquat. Celui-ci porte aujourd’hui sur sa même tête quatre casquettes inconciliables : a) il est directeur de l’Hôpital du Valais; b) il est membre du Conseil d’Etablissement du HRC; c) il est journaliste au NF; d) il est responsable de la communication du RSV, détaché permanent auprès du quotidien cantonal.

Franchement …

Eric Bonvin ne sera jamais journaliste d’investigation, ni lanceur d’alerte.

Bonjour à Julien Wicky, du Matin Dimanche, qui ne manquera pas d’approfondir les pistes déclenchées par la déroute programmée du HRC.

 

XI

DESARGENTIERS

(PAR INFOMEDUSE)

 

PAR CHRISTIAN CAMPICHE

Que se racontent deux argentiers quand ils se rencontrent un matin de printemps, à la lisière d’un bois? Des histoires d’argentiers, bien sûr. Ou faudrait-il parler plutôt de désargentiers?

– Tu fois ces faches dans le pré, Pascal? Elles ont de la chance, elles sont encore krasses, pas comme nous!

– Les vaches grasses, c’était le bon temps, Ueli. Le budget cantonal va exploser cette année, la honte! La faute à corona, on est d’accord, mais quand je pense que l’on me décernait, au début de l’année encore, les lauriers du meilleur trésorier de Suisse…

– Les médias, mon cher Pascal! Ils te lâchent aussi vite qu’ils t’encensent, c’est la dure loi de la nature. Bon, on est d’accord, cette constatation ne résout pas ton problème. Ni le mien, d’ailleurs. Comment fais-je faire pour financer l’achat du prochain afion de combat?

– Mon souci est plutôt le financement de l’hôpital Riviera-Chablais. En faillite, quelques mois après son ouverture! J’ai mandaté un audit, on verra. Maudit Covid, il n’arrange pas mes affaires, ni celles du MCBA…

– MCPA?

– Le nouveau musée, 200 millions dont une partie importante reste à payer. La construction n’est pas achevée, aïe aïe aïe… Tu te rends compte si le maître-d’oeuvre réclame ses p’tits sous: le centre de Lausanne va se retrouver avec un chantier désaffecté, un paysage de tiers monde!

– Et tu ne pourras pas compter sur l’argent de la PNS! C’est pour moi, ça!

– En plus les communes sont asséchées depuis la votation sur la fiscalité des entreprises qui avantage les gros contribuables étrangers, elles veulent biberonner. Mais je n’ai plus rien, moi! Comment le monde a-t-il pu me tomber pareillement sur la tête? Pas juste, Ueli!

– Fais comme moi, mon petit Pasqualito, prie Saint-Alain, le patron des fauchés! Un peu bobo mais bon gars. Et surtout l’artisan des miracles. Depuis le début de la crise, il n’arrête pas de mener tout le monde en bateau avec son confinement et son déconfinement sans masques. Mais il a la pêche, les journaux disent même qu’il est un zéro. Un héros, pardon!

 

XII

EMBROUILLES JUDICAIRES

 

« Plus c’est gros, plus ça passe ».

Savoir lire un arrêt du Tribunal fédéral ou un article de doctrine sur les marchés publics, c’est savoir surtout être agile dans le fonctionnement intransparent de l’économie de marché, incluant des pratiques que le Tribunal fédéral connaît parfaitement et entend parfois, de manière récurrente, protéger.

Un lecteur attentif de L’1Dex vous propose de lire ce bijou procédural : Arrêt-phare f newsconstruct.

Je connais assez bien les procédures régissant les marchés publics. Le Professeur de droit constitutionnel et administratif, Andreas Auer, aujourd’hui décédé, avait refusé la parution d’un article portant sur l’intransparence des marchés publics en Valais. J’y donnai une petite leçon de simple arithmétique au Tribunal fédéral. L’éditeur d’une prestigieuse revue juridique suisse, par son conseil de lecture, soit par le susnommmé Auer, avait jugé le texte de qualité, mais impubliable au motif que j’était l’avocat de l’entreprise éjectée. Je soupçonne ce brave homme d’avoir défendu l’establishment plutôt que la prétendue partialité d’un mandataire, puisque, tout un chacun le sait, lorsque de grands hommes de droit s’expriment dans des articles ou des livres, même de doctrine, ils ont tendance à prendre appui sur des cas qu’ils ont eux-mêmes défendus.

Voici cet article « censuré » qui a paru plus tard à L’1Dex Mag, puis à L’1Dex : https://1dex.ch/2013/07/lintransparence-des-marches-publics/#.Xq0NF5k6-MI.

Cela dit, l’intérêt de la chose réside dans le fait que, dans le cas valaisan, le choix de l’entreprise désignée, par copinage, a débouché sur une débâcle financière, que le Service de l’Inspection des Finances a su cacher. Dans le cas vaudois, auquel le Valais est intéressé à concurrence de 25 %, l’autorité qui pratiquera l’audit est … le Service de contrôle des finances du Canton de Vaudois.

Tous les contribuables, vaudois et valaisans, sont rassurés.

 

XIII

LE NEZ CREUX

 

La gestion du projet HRC (HÔPITAL RENNAZ-CHABLAIS) est un désastre. L’Etat de Vaud tremble, les conseillers d’Etat Ruiz et Broulis sont en souci, l’Etat du Valais, partenaire de son voisin, va devoir passer à la caisse. Quatre-vingts dix millions de dépassement, la nécessité de constituer dès les premiers mois d’exploitation un fonds de roulement, des crises à répétition à l’interne, le foutoir intégral, pensent certains, et des commission d’enquête en devenir si tant est que l’Etat de droit ne sera pas renvoyé aux oubliettes. Cette description sommaire ne surprend pas ceux qui ont participé à certaines phases du projet.

Selon les informations de première main parvenues à L’1Dex, les « patrons » des bureaux d’architectes et ingénieurs mandatés, Bernard Delefortrie, Laurent Geninasca et Daniel Willi ne participaient pas personnellement aux séances de planification générale et y déléguaient ce que d’aucuns considéraient « comme des sous-fifres ». Ces ces séances se déroulaient sans ordre du jour, ni timing, duraient sans fin; des participlants à ces séances considéraient que certains acteurs étaient proprement dépassés par le chantier, ne disposant pas d’une expérience dans le champ de la planification hospitalière (1).

A l’occasion de l’une de ces mémorables séances, le planificateur de menuiserie s’est plaint à un participant :

« je ne sais pas comment je vais écrire les soumissions (cahiers des charges) des portes ce week-end. »

« Ah bon, pourquoi ? »

« Parce que j’ai plus de cent modèles de portes … »

Il avait été laisser dessiner plus de cent modèles différents, alors que pour un hôpital, usuellement, on en normalise environ une douzaine, au maximum trente incluant des petites séries d’exception.

Un jour, un participant se présente à la séance de coordination générale, mais il est informé que la séance n’a plus lieu à Renens, mais à Montreux. Puis, le bureau d’accueil le rappelle pour lui demander de revenir sur ses pas, la séance ayant effectivement lieu à Renens. Le bureau d’accueil ne savait pas même où devait se dérouler la journée de travail.

Plusieurs intervenants, informés dans les journaux sur les adjudications et tout le reste, ne sont plus étonnés par le désastre final, né, selon plusieurs observateurs, par la mise à l’écart parfois des plus compétents.

Une personne assez bien introduite, qui lit L’1Dex, a envoyé un courriel à la rédaction avec c mot : « « Comme d’habitude, dans tout ce que vous révélez, vous avez eu le nez creux dans les dix premiers chapitres, mais, sachez-le bien, c’est bien pire que ce que vous croyez ».

 

XIV

LE SECHE-LINGE

 

Le bureau d’architecture GD ARCHITECTES, très « impliqué » dans le projet du HRC, a participé à la « confection » de l’hôpital Riviera – Chablais, dont le coût, de construction et d’exploitation, engendre aujourd’hui des conséquences financières que personne ne semble avoir « géré » avec un brin de savoir-faire, comme si tous les intervenants, à des échelles diverses de responsabilité, avaient eu l’effroyable tentation de s’en remettre au maître de l’ouvrage pour financer les surcoûts « programmés » ou « oubliés ». L’argent des autres autorise quelques entorses au bon sens.

Tous les architectes n’ont pas la même perspicacité dans la maîtrise des budgets. Pourtant, en l’espèce, on ne va pas penser une seule seconde que le maître de l’ouvrage n’a pas eu le nez fin dans le choix final de l’architecte du bâtiment et de toutes les questions financières en découlant.

En effet, GD ARCHITECTES n’a pas craint en janvier 2011 de s’interroger, lors d’un colloque portant sur l’architecture émotionnelle, comment concilier l’exigence esthétique et la contrainte économique.

En somme, dans leur champ de compétences, des experts de la maîtrise de la contrainte économique en architecture hospitalière.

Ce qui explique, diront les sales langues, le dépassement budgétaire de quelque 90’000’000 francs. Une paille finalement pour un devis initial de quelque 360’000’000 francs (25 % d’accroissement des coûts) [1]. Vous construisez votre maison, votre banquier vous prête 400’000 francs, le prix du terrain a été financé par vos fonds propres, vous acceptez de vous priver de croissants et des vacances pendant une courte période, et vous voilà confronté à un dépassement de 100’000 francs, soit le 25 % du coût initia programmé. Dommage pour vous, vous auriez dû faire appel à GD ARCHITECTES, qui eût évité ce désagrément.

Et sachez encore que toutes les explications vous seront fournies avec force détails, illustrations et exemples. Le sèche-linge n’était pas prévu, le scanner de dernier cri a été livré conformément aux vœux des médecins et le granit dans le hall d’entrée apportait une belle plus-value à l’ouvrage …

 

 

 

[1] Wikipedia (source inaccessible) mentionne un coût de construction initial de 315 millions. Le coût final est de 440’000 millions. L’augmentation est donc de plus de … 39 %.

 

 

(1) https://www.hopitalrivierachablais.ch/jcms/hrc_5410/fr/gouvernance

 

 

xv

ERIC BONVIN, LE CHAÎNON MANQUANT

 

Le silence de Vincent Fragnière sur la débâcle financière impressionnante du HRC étonne. Mais ce silence remarquable est compréhensible.

Didier Canteloup le disait : appelé à côtoyer dans les couloirs de radio ou de télévision des hommes politiques, il organisait ses déplacements avec le but de les éviter car, était-il convaincu, il serait bien moins bon plus lorsqu’il s’agirait de dénoncer leurs travers.

Vincent Fragnière est aujourd’hui confronté, et cela ne date pas du COVID-19, au fait qu’à force de fréquenter Eric Bonvin il peine à vouloir enquêter sur des événements qui auront des effets majeurs dans le champ de la santé en Valais. La situation empire au temps du coronavirus puisque, pour des raisons qui échappent à l’entendement, Le Nouvelliste a choisi pendant la quarantaine de transformer le directeur de l’Hôpital du Valais en communicant quotidien.

Pourtant, la lecture du NF est fort instructive s’agissant du rôle, nécessairement majeur, joué par Eric Bonvin dans la situation du HRC.

Une petite parenthèse s’impose. Des enquêteurs plus perspicaces que moi, plus tenaces, plus pointilleux, sauront dénicher cette information basique : depuis quand, formellement, Eric Bonvin est membre du Conseil d’Etablissement de cet hôpital ? L’avenir rapproché nous dira si le directeur de l’Hôpital du Valais a assisté à tout le projet ou à une partie de celui-ci seulement.

Mais, en tout état de cause, à ce stade de cette investigation sommaire, la réponse à la question n’est pas vraiment indispensable. C’est Le Nouvelliste lui-même, du temps d’avant le coronavirus puisque c’était le 31 décembre 2019, qui contribue à lever les derniers doutes que les citoyens pouvaient avoir sur la chose. Dans un article intitulé, « L’hôpital de Rennaz, le dernier chaînon de l’axe rhodanien », Vincent Fragnière lui-même nous apprend les liens d’étroite amitié noués entre le directeur du HRC et le directeur de l’Hôpital du Valais : « l’année 2019 a été marquée par l’ouverture d’un nouvel hôpital à Rennaz financé par deux cantons et qui remplace cinq établissements existants. Une démarche unique en Suisse commentée par deux directeurs: celui de Rennaz, Pascal Rubin, et celui de l’Hôpital du Valais, Eric Bonvin. Dans leur vie privée, Eric Bonvin, directeur de l’Hôpital du Valais, et Pascal Rubin, directeur de celui de Riviera-Chablais à Rennaz, habitent à moins de 100 mètres l’un de l’autre, du côté de Collombey-Muraz. «On peut prendre l’apéritif pour discuter de nos hôpitaux respectifs», sourit Pascal Rubin depuis son lieu de vacances en France, tandis qu’Eric Bonvin siège… ».

Le Valais citoyen ne sourit plus lorsqu’il apprend que Eric Bonvin, avide de casquettes improbables (1), a pu, par souci de gentillesse amicale, que d’aucuns sauront assimiler à de la complaisance, laisser les choses se dégrader à un point tel qu’aujourd’hui, nous pouvons le pressentir, des millions seront dépensés pour compenser des fautes, argent public qui eût dû être dirigé vers l’Hôpital du Valais, quoique en diront les politiciens transformateurs de faits en mots d’apparat.

Est-il alors sage que Eric Bonvin puisse demeurer directeur de l’Hôpital du Valais ? Ne devons-nous pas lui laisser la chance de s’occuper à plein temps du HRC afin qu’il puisse tenter d’aider nos amis vaudois à réparer leurs graves erreurs, qui engendrent tant de dépenses supplémentaires inutiles pour le Valais ?

Post Scriptum : j’utilise ici l’adjectif « improbable » en hommage à la civilité de l’Ours de Bagnes qui, lorsqu’il prend connaissance des actes incroyables commis par les organes communaux ou cantonaux dans le champ des constructions illicites, a l’habitude de les qualifier d’improbables, signifiant ainsi que, même dans un roman, il n’eût pas imaginé ce qu’il venait d’apprendre.

Référence :

https://www.lenouvelliste.ch/articles/valais/canton/l-hopital-de-rennaz-le-dernier-chainon-de-l-axe-rhodanien-891818#top-body

 

XVI

JEUX DE FOIRE EN PRIVE

 

1

L’AMITIE DE LA FOIRE

2.

2010

Si l’on se fonde sur l’extrait du registre du commerce délivré gratuitement par le Registre du commerce de l’Etat de Vaud, Georges Dubuis, Eric Bonvin et Jean-Jacques Rey-Bellet font partie du Conseil d’Etablissement de l’Hôpital Riviera – Chablais depuis … 2010.

On va donc imaginer que les trois « Valaisans » du « conseil d’admnistration » du HRC ont eu connaissance jujsque dans le détail de tous les éléments qui ont conduit à la situation de 2020, celle qui fait si souci aux conseillers d’Etat vaudois Ruiz et Broulisl

3.

LA CONCURRENCE

 

Le citoyen, le contribuable, le patient, le justiciable retiendra, à ce stade, que les organes fondateurs de l’Hôpital Riviera – Chablais avaient la volonté de défier et de concurrencer le privé.

Dont acte.

Mais cet objectif, concurrencer le privé, ne devra pas être « oublié » s’agissant des implications liées à la débâcle financière, délibérée ou non, du HRC, à l’égard des établissements privés et … de l’Hôpital du Valais, qui devront être protégés.

Explications prochaines.

XVII

UN NOUVEAU MONOPOLY DES CONFLITS D’INTERÊTS

 

Une des caractéristiques du Valais, liée au fonctionnement même du parti majoritaire, le PDC, est son clanisme, engendrant du copinage et des conflits d’intérêts massifs, souvent à l’origine d’une perte significative de compétences professionnelles citoyennes. L’histoire valaisanne du HRC, en droite ligne de celles, multiples et variées, de Savro, de la BCVs, des Caisses de pension, du RSV, de Loèche-Les-Bains, de l’Autoroute A9, des Patatras des APEA, du Verbiergate, n’est que le prolongement désespérant de cette incapacité du Valais à créer des institutions au service des citoyens formant un tissu sain et non point au bénéfice de quelques élus aux torses bombés.

Faisant référence au rapport du Conseil d’administration du RSV de l’année 2015, la Commission du Grand-Conseil de la Santé, des Affaires sociales et de l’Intégration (SAI) s’est prononcée ainsi :

« …en outre, compte tenu de la participation du Valais à concurrence de 25 % à l’Hôpital de Rennaz, le directeur général a été nommé par le Conseil d’administration de l’HVS au Conseil d’Etablissement de l’Hôpital Riviera-Chablais (HRC) ».

Ainsi, il apparaît que le Conseil d’administration de l’Hôpital du Valais a validé la présence du Professeur Eric Bonvin au Conseil d’administrationi du HRC (1).

Eric Bonvin est l’un des trois « Valaisans » ayant la responsabilité de défendre les intérêts des Valaisans au sein du HRC, les deux autres étant les « retraités » et « pensionnés » Jean-Jacques Rey-Bellet et Georges Dupuis, tous deux au bénéfice d’une jolie rente versée par … l’Etat du Valais.

La position du Professeur Eric Bonvin, directeur de l’Hôpital cantonal du Valais, de siège social à Sion, est tout de même très préoccupante s’agissant de la problématique des conflits d’intérêts. Personne ne peut faire abstraction du fait que les investissements et coûts d’exploitation devant être investis ou payés par l’Etat du Valais au HRC ont des implications massives – MASSIVES, car les majuscules s’imposent ici -, puisque les budgets, d’investissements et de fonctionnements, affectés à la santé publique, ne sont pas extensibles à l’envi. Le Professeur Eric Bonvin le sait, lui plus que tout autre, puisqu’il est déjà amené, à l’intérieur de l’Hôpital cantonal du Valais, à opérer des arbitrages dans les choix financiers, stratégiques et opérationnels. Ainsi, ce cher homme sait que tout débordement MASSIF dans la gestion des coûts de l’opération HRC aura un effet nécessaire et inéluctable sur l’évolution des budgets affectés à l’Hôpital du Valais. Vivant en terre chablaisienne, très intéressé donc au développement d’un hôpital de qualité dans « sa » zone territoriale, il aura pu « oublier », puisque ce n’est pas vraiment son argent, que des excès en terre chablaisienne affecteraient nécessairement un développement harmonieux de la nouvelle construction de l’Hôpital du Valais (environ 250 millions de francs).

Le citoyen valaisan, à travers ses institutions, son exécutif, le Grand-Conseil et la Commission SAI, sait aujourd’hui qu’il va devoir passer à la caisse. Et vilainement.

La conséquence politique, dans un Etat de droit, est aujourd’hui de bien comprendre que le Professeur Eric Bonvin, quoique puissent vous en dire quelques élus parmi ses amis, est très clairement dans la situation de ne pas pouvoir assumer ses deux casquettes. Et il ne s’agit pas de lui laisser le choix entre l’Hôpital du Valais et le HRC, car nous avons tous compris que, consciemment ou inconsciemment, il a choisi son camp, à savoir le HRC, puisque, par ses décisions, celles du Conseil d’établissement, il a mis l’Etat du Valais dans la situation de devoir « balancer » 80 milli0ns supplémentaires à destination du HRC.

Il faut ici aussi observer que le Professeur Eric Bonvin, parce qu’il est membre du Conseil d’établissemen du HRC, a validé un prêt octroyé par un établissement bancaire extérieur aux cantons du Valais et de Vaud. Cette technique de financement extérieur du fonds de roulement fait curieusement penser à la tactique utilisée à l’époque dans l’affaire Loèche-Les-Bains par Otto-G. Lorétan et ses amis, qui avaient fait appel à des établissements bancaires suisses alémaniques pour financer ce qui s’avéra par la suite être d’insondables gouffres financiers créés par des hommes coupables de gestion déloyale des intérêts publics. La situation, me direz-vous, est tout à fait différente, la santé ne pouvant être comparée au tourisme. Il n’en demeure pas moins que même des conseillers d’Etat se sont étonnés récemment des pratiques curieuses émanant du Conseil d’établissement.

Ma conclusion personnelle à ce stade est assez simple : le Conseil d’Etat ne peut plus accepter que le Professeur Eric Bonvin puisse fonctionner ès qualités de directeur de l’Hôpital du Valais. Le Conseil d’administration de l’Hôpital du Valais, s’il entend assumer ses responsabilités, doit prendre acte que le psychiatre Eric Bonvin est resté volontairement au Conseil d’établissement du HRC et a participé, dans sa fonction, à des décisions ayant provoqué des déficits majeurs, à la fois dans les investissements et dans les frais de fonctionnement, au du HRC.

Convaincu certainement de la qualité des décisions qu’il a prises avec d’autres pour un bon développement du HRC, Eric Bonvin aura à coeur, au sein du Conseil d’établissement du HRC, de poursuivre son oeuvre, peut-être « réparatrice », mais ne pourra malheureusement pas revendiquer de poursuivre sa route à la tête de l’Hôpital du Valais.

Telle devrait être la route à suivre dans un Etat de droit.

Mais, nous le savons tous, nous sommes en … Valais.

(1) A ce stade, on ne sait pas si la rémunération due à Eric Bonvin est versée dans la crousille de l’employeur du directeur ou dans celle du membre du Conseil d’administration (Conseil d’établissement) du HRC.

 

XVIII

UNE INSTANCE NEUTRE

 

Au HRC, c’est le foutoir.

Tout le monde, y compris les conseillers d’Etat vaudois Ruiz et Broulis, l’ont compris, eux dont le vocabulaire est encore marqué par la douceur.

Alors que faire ?

Il y a trente ans, jour pour jour, le 30 mai 1990, Le Nouvelliste, cet organe de presse qui aujourd’hui se tait, savait ce qu’il fallait faire :

 

A,

LE TITRE

B.

LA QUESTION

 

C.

APPEL A L’INTELLIGENCE

 

XIX

LE GEOMETRE

 

Jean-Jacques Rey-Bellet a suivi l’école primaire à Saint-Maurice, a suivi des études classiques au collège de St-Maurice, il y a obtenu une maturité de type A latin-grec, avec mention en sciences, fréquenté l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, obtenu le diplôme d’ingénieur rural et géomètre en 1974, puis le brevet fédéral de géomètre en 1975.

Jean-Jacques Rey-Bellet est devenu député au Grand Conseil du canton du Valais de 1981 à 1997, chef du groupe DC du Bas-Valais de 1985 à 1997. Il est ensuite élu comme conseiller d’État le  . Il préside le Conseil d’État du au , du au puis du au .

« Le géomètre-expert, nous dit Wikipedia, est le professionnel qui identifie, délimite, mesure, évalue la propriété immobilière publique ou privée, bâtie ou non, tant à la surface qu’en sous-sol, ainsi que les travaux qu’on y exécute et qui organise son enregistrement et celui des droits réels attachés. Par extension, il étudie, projette et dirige l’aménagement ou l’amélioration foncière, rurale ou urbaine. Il traite des sciences techniques, juridiques, économiques, agricoles et sociales qui se rattachent aux objets ci-dessus énoncés. » Cette définition, officielle, est celle formulée à Rome en 1933 et à Londres en 1934 par vingt-deux nations et quatorze dominions [Extrait des statuts de la Fédération internationale des Géomètres (FIG)].

Lors de son accession au Conseil d’Etat, Jean-Jacques Rey-Bellet a pris en charge le Département des transports, de l’équipement et de l’environnement.

Si l’on fait abstraction de sa qualité de retraité et de pensionné de l’Etat du Valais, de son âge ni de sa prétendue motivation, tout un chacun admettra que la présence de Jean-Jacques Rey-Bellet au sein du Conseil de l’établissement du HRC, sur le plan de ses compétences livresques et de son ancienne fonction de Conseiller d’Etat, est justifiée, non pas par la qualité de son savoir dans le champ de la santé publique, mais dasn celle liée à l’aménagement du territoire, aux transports et aux équipements. On a presque envie de penser que Jean-Jacques R.-B. était la personne idéale pour suivre le développement de la construction de l’Hôpital de Rennaz.

Qu’advint-il ?

Nous allons céder la parole au journal Le Régional, qui titrait « Gros hôpital, parking trop petit ? »

1.

2.

3.

 

Nous savons donc aujourd’hui que le dépassement monstrueux de 90 millions de francs suisses n’a servi ni à l’amélioration des équipements de parking, ni à une implantation suffisante d’un parking suffisamment étendu, ni à un aménagement efficient des transports publics.

Si l’on était un brin piquant, on poserait cette ultime question : à quoi a pu bien servir Jean-Jacques Rey-Bellet dans ce capharnaüm ?

Bon, nous le savons déjà, la prochaine Commission d’Eqnuête Parlementaire (suis-je trop optimiste …) conclura, d’évidence, que sans Jean-Jacques la mise en route de l’Hôpital Riviera – Chablais eût été une catastrophe d’une toute autre ampleur.

Bien mesuré, le Grand-Conseil devrait songer à octroyer une prime extraordinaire pour services spéciaux rendus.

 

XX

DE L’AFFECTION POUR LES NUISIBLES ET DE LA CONCURRENCE ILLEGALE

 

I

DE L’INVESTIGATION LIMITEE

 

Le Nouvelliste qui, à l’évidence, ne cherche pas à mettre en place des ressources journalistiques pour enquêter sur le scandale d’Etat qu’est devenu le HRC, fait semblant d’informer le citoyen :

II

AFFECTER

L’Académie française de son côté a tenté de définir scrupuleusement les termes fixés dans son dictionnaire.

Ainsi, par exemple, elle a défini ainsi le verbe « affecter » :

Deux éléments sont à dégager de cette définition : a) la nuisibilité d’une action fâcheuse sur l’organisme; b) l’action pénible et douloureuse exercé sur une personne.

 

III

GOUFFRE FINANCIER

 

Le citoyen même le plus ignorant a compris que les coûts de construction du HRC et les coûts du début d’exploitation du HRC ont dépassé tout ce qui était imaginable par le député lambda, qu’il fut vaudois ou qu’il faut valaisan.

Les coûts de construction ont dépassé de 25 % les coûts prévisionnels budgetés; quant aux frais d’exploitation, ils ont participé à la nécessité de la création d’un fonds de roulement de 80 millions de francs suisses.

Une misère.

 

IV

LA COFIN S’EN MÊLE

 

La situation est devenue si critique que même la Commission des finances du Grand-Conseil vaudois a cru de son devoir de s’en mêler. Le NF nous l’explique en mode legato :

V

MEFIANCE ET NUISIBILITE

 

La situation présentée est si désastreuse que même l’institution ose des mots pour expliquer ce qui se passe dans le réel :

Si l’on se base sur le défintion de l’Académie française, les actes constatés dirigés contre l’organisme social qu’est le HRC étaient tels qu’ils ont provoqués chez les membres de la COFIN la nécessité de dire que les actions commises par les organes responsables du HRC avaient un caractère hautement nuisible. Et ces constatations furent fort pénibles à encaisser par les députés douloureusement affectés par leurs constatations.

 

VI

DE VRAIS CADEAUX POUR LES NUISIBLES

 

Qu’advint-il par la suite ? Au lieu de sermonner fortement les responsables, définis par la nuisibilité de leurs actions ou/et de leurs omissions, on s’empressa de les remercier en distribuant généreusement les millions des contribuables citoyens.

Bravo à tous les donateurs.

 

VII

CONCURRENCE

 

Un autre point laisse pantois simultanément juristes et économistes : la LAMal recherche l’économicité des soins et veut étendre la concurrence entre les établissements hospitaliers. Ceux-ci ne doivent pas pouvoir être aidés après une mauvaise gestion (cf. le coût acceptable de l’article 3 de la Loi sur la Santé); ils doivent en fait réduire leurs lits, puisque leurs coûts sont disproportionnés par rapport aux prestations données.

Cette question, douloureuse, pénible, pourrait recevoir des réponses très étonnantes dans le champ de l’économie, du droit et des conflits d’intérêts en matière d’établissemens hospitaliers.

Le but de la LAMal est d’introduire des règles strictes imposant par exemple l’impossibilité de faire des dons à des institutions qui ne respectent pas les règles. La LAMal ne permet pas de subventionner un hôpital selon le mode proposé par nos députés. La critique est d’autant plus forte que d’aucuns soutiennent que l’Hôpital Riviera – Chablais engendrera des pertes jusqu’en 2025 selon les derniers renseignements.

Subventionner le HRC reviendrait à admettre des distorsions dans la concurrence, ce que veut éviter la LAMal. En acceptant de subventionner le HRC, les députés ne sont pas en accord avec la dernière modification de la LAMal qui introduit une notion de concurrence entre les hôpitaux par souci d’économicité.

La sagesse imposerait de constituer une Commission d’Enquête Parlementaire bi-cantonale. Il s’agit d’établir les faits, les Vaudois pourront observer le travail des Valaisans, qui pourront en retour scruter les pratiques de nos chers voisins.

La suite risque fort d’être passionnante.

Une passion qui ne doit pas plaire à nos chers administrateurs « valaisans », BONVIN, DUPUIS et REY-BELLET.

 

Illustration :

Gilles Martin, le Président du Grand-Conseil du Canton du Valais, soit le représentant de tous les citoyens valaisans

 

Post Scriptum pour le Professeur Eric Bonvin, à la double casquette :

Monsieur Bonvin comment pouvez-vous au sein du HRC demander à l’Etat une augmentation de la crousille et au sein de l’Hôpital cantonal du Valais vous opposer aux augmentations de coûts par respect pour la LAMal. Comment traduit-t-on « foutage de gueule » en langage psychiatrique ?

 

XXI

LE SILENCE DU NF ET LA CREATION D’UNE COMMISSION D’ENQUÊTE PARLEMENTAIRE BI-CANTONALE

 

Des dépassements budgétaires indécents, une gouvernance engendrant une confiance affectée au sein même de l’institution, des subventions massives contredisant la lettre et l’esprit du principe d’économicité fixé dans la LAMal, constituaient autant d’éléments pertinents qui devaient conduire le NF à enquêter.  Celle-ci eût conduit immanquablement le journal, qui censé dicté le tempo de l’information circulant dans la Cité, d’interroger les acteurs valaisans de la chose : Bonvin, Rey-Bellet, Dupuis, Schmidt, Martin, Darbellay, Arlettaz, Nantermod, Reynard, Maret, Perraudin, Kamerzin, Roduit, Lorétan, … Le NF a choisi de ne pratiquement rien faire, ou si peu.

Ce silence peut-il s’expliquer :

a) par les accords rédactionnels existant entre le NF et l’Hôpital du Valais ?

b) par les liens noués durant le Corona entre le rédacteur en chef et le directeur de l’Hôpital ?

c) par l’omerta clanique fomentée par la dominance orange ?

d) par le désintérêt pour l’économie de la santé ?

e) par la décision concertée d’éviter un scandale d’Etat ?

f) par le désir immodéré de ne pas inquiéter le citoyen quant à la capacité de gouvernance de nos élites médicales en ces temps déjà difficiles sur le plan sanitaire ?

g) par le regret silencieux d’avoir favorisé des modifications trop hâtives de la LAMal dans le champ de la concurrence entre établissements hospitaliers ?

h) par l’absence de ressources journalistiques suffisantes ?

i) par ignorance réelle des enjeux pour la population liés aux choix stratégiques des financements opérés pour la santé ?

j) par une conjonctiond de ces facteurs ? pour d’autres motifs ?

Toutes ces interrogations, bien lues par le pouvoir législatif, devraient dans un État de droit, engendrer immédiatement, et dans l’urgence, la création d’une commission d’enquête parlementaire ni-cantonale destinée à une analyse minutieuse des responsabilités de chacun (directeurs des projets, architectes, organes de direction et d’administration, organes étatiques et institutionnels, etc.). En effet, en présence de ces surcoûts massifs, les élus, s’ils ont quelque souci de l’argent public, ne peuvent pas se contenter de dire OUI à des crédits supplémentaires urgents sans s’inquiéter eux-mêmes de l’origine et des conséquences de telles défaillances humaines et technocratiques. 

Tel devrait être le fonctionnement d’un Etat de droit soucieux de vérité, de transparence et d’égalité.

 

XXII

HRC : CAMOUFLAGE ET HAUTE PROTECTION PAR LE NOUVELLISTE DU 6 MAI 2020

Une semaine après l’éclatement du scandale financier de l’Hôpital Riviera-Chablais (HRC) annoncé en deux séquences du 19h30 du 29 avril 2020, le Nouvelliste nous propose, aujourd’hui seulement, sa vision des choses : « Comment expliquer un déficit de 18 millions à Rennaz ? »

L’1Dex pour sa part a mis en route dès le début une série de chapitres qui apportent un éclairage effarant sur les dépassements des coûts de construction de l’HRC, sur le fiasco financier des 6 premiers mois d’exploitation et sur les 3 administrateurs valaisans du Conseil d’établissement (9 membres) qui sont en place depuis 2010.

La lecture attentive de l’article du Nouvelliste du jour apporte les réflexions, les précisions et les questions suivantes.

  1. Les chiffres

La manchette et le titre de l’article évoquent surtout un déficit d’exploitation de 18 mios.

La réalité des chiffres est d’un tout autre ordre :

  • 90 mios de dépassement des coûts de construction de l’HRC

  • Demande d’un fond de roulement de 80 mios (60 pour Vaud 20 pour le Valais) en vue d’assurer le proche avenir en prédisant des chiffres rouges jusqu’en 2025

  • Aveu d’un emprunt de 20 mios sans garantie, début 2020, auprès d’une banque extérieure au canton de Vaud sans avertir les 2 cantons pour payer les salaires et les fournitures

  • Rallonge déjà accordée de 15,5 mios comme prime au déménagement et à la pré-installation

  • Soutien de 7 mios pour une ligne de bus

Bref, au total un couac de l’ordre de 200 mios dont 50 mios à la charge du canton du Valais.

  1. Le retard du Nouvelliste dans cette analyse fragmentaire interroge

Visait-t-il à permettre aux responsables politiques et administratifs d’échafauder d’invraisemblables arguments pour masquer leur incompétence ?

  1. La haute protection du Prof Éric Bonvin

Le Nouvelliste évite soigneusement de mentionner le 3ème administrateur valaisan du HRC, en place depuis 2010, qui n’est autre que le directeur général de l’Hôpital du Valais (HVS), le Prof Bonvin lui-même. Le rédacteur en chef du Nouvelliste, en contact quotidien depuis 2 mois avec le Prof Bonvin, aurait eu tout loisir de l’interroger au sujet de l’HRC et de contribuer ainsi à enrichir l’article en question.

  1. Au final plusieurs questions essentielles restent ouvertes pour les journalistes d’investigation :

  • Quelles seront les conséquences de ce désastre financier sur la marche de l’HVS dont le Prof Bonvin est directeur général et sur la construction des hôpitaux de Sion et de Brigue ?

  • La double casquette du Prof Bonvin est-elle acceptable ?

  • Les modifications de 2011 de la LAMal introduisent des notions de concurrence et d’économicité entre les hôpitaux. Dès lors est-il possible aux parlements vaudois et valaisans d’accorder respectivement 60 et 20 mios au HRC après 6 mois d’exploitation en annonçant des chiffres rouges jusqu’en 2025 ? Ces subventions dans l’exploitation d’un hôpital constituent une concurrence déloyale selon la LAMal. Cette dernière imposerait à l’HRC, pour retrouver son équilibre financier, de réduire ses activités et le nombre de ses lits.

  • Les audits, souvent complaisants à l’égard de leurs mandants, sont-ils suffisants ? Vu l’ampleur du désastre financier une Commission d’Enquête Parlementaire intercantonale (CEP-HRC) n’est-elle pas la seule voie possible pour comprendre et corriger ?

    A l’époque une CEP-RSV avait été nécessaire pour réussir à remettre l’Hôpital du Valais sur rail.

Bonjour à tous les journalistes d’investigation.

 

Référence : LE NOUVELLISTE DU 6 MAI 2020, PAGE 5

 

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XXIII

MICHEL CLAVIEN, ANCIEN CHEF DE L’INFORMATION DES GOUVERNEMENTS BERNOIS ET VALAISAN, TANCE LE NOUVELLISTE

(PAR MICHEL CLAVIEN)

 

Mesdames, Messieurs,

Pour avoir été journaliste auprès de l’ATS à Berne de très longues années, puis, pendant une vingtaine d’années, chef de l’information des gouvernements bernois et valaisan, je me sens légitimé à faire part ici à votre rédaction, et surtout à son rédacteur en chef, de ma réaction au sujet de l’article publié ce jour sous le titre « Comment expliquer un déficit de 18 millions à Rennaz ? »

Je considère que, sur le plan professionnel, la manière dont vous avez traité cette information — totalement ignorée au NF durant sept jours après la simple reprise de la dépêche de l’ATS — n’est ni acceptable ni excusable, pour des journalistes liés, notamment, par la Déclaration des devoirs et des droits du/de la journaliste.

Pour rappel, parmi leurs devoirs, les journalistes sont tenus, en particulier, de rechercher la vérité, en raison du droit qu’a le public de la connaître et quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même. Mais aussi, de défendre la liberté d’information et les droits qu’elle implique, la liberté du commentaire et de la critique, l’indépendance et la dignité de la profession.

Or, dans ce dossier, je ne peux que souligner que vous êtes diamétralement à l’opposé de ce que l’on est en droit d’attendre d’un quotidien, quasi cantonal, pour une affaire aussi grave, déjà identifiée par l’autorité comme une « faute crasse » ! Et qui aura, à ne pas en douter, de sérieuses conséquences non seulement financières pour le contribuable, mais aussi, et surtout, pour les patients, sur les performances qualitatives des structures médicales valaisannes en cours de renouvellement.

Je suis stupéfait, pour demeurer poli, qu’une rédaction comme la vôtre, comptant plusieurs dizaines de journalistes, n’ait pas été en mesure de couvrir cette affaire de manière professionnelle, comme la TSR ou d’autres médias, y compris le blogue 1dex.ch qui ont rapidement alerté les gens.

Dernier point : il est tout aussi intolérable, sur le plan professionnel, que le rédacteur en chef n’ait pas daigné, face aux attentes des lecteurs, interroger sur-le-champ à ce propos le docteur Éric Bonvin. Ce directeur avec lequel il entretient depuis si longtemps des contacts privilégiés et suivis, inlassablement rapportés par le Nouvelliste, qui avait pourtant superbement ignoré, dans la version papier du journal, la Lettre ouverte au public par 285 médecins-cadres des hôpitaux du Valais romand, de l’Institut Central et de la Clinique de Valère à Sion, début avril dernier.

Or, nous le savons, maintenant, le directeur Eric Bonvin est l’un des trois administrateurs valaisans du Conseil d’établissement de l’HRC.

Pourquoi ce silence ?

Michel Clavien, Sierre, ancien et premier chef de l’Information de l’État du Valais, à la retraite.

 

 

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

12 thoughts on “HÔPITAL RIVIERA-CHABLAIS (HRC). UN DESASTRE … VALAISAN ? LE SILENCE DU NOUVELLISTE (I – XXII)”
  1. Bonjour rien de surprenant à toujours vouloir plus grand tout regrouper au détrimant des petites structures médicales n être qu un vulgaire numéro dans ces grandes unités au lieu de favoriser les hôpitaux régionaux et de plus un peu trop de personnel frontalier arrogant et antipathique se la pétant

  2. XII :

    Prodigieux, ….
    et le Covid-19 avec DAVI et ID2020 on est pas sorti de l’auberge !
    Ah, j’oubliai la décision du Conseil Fédérale d’avril pour la 5G.

  3. Ce chantier est un scandale vaudois transféré aux bons Valaisans qui n’en peuvent rien. C’est repoussant.

  4. Si cela se passerait en Valais, tous les médias romands et alémaniques yc le NF seraient quotidiennement sur le coup

    1. Alors, sur ce coup, je ne suis pas d’accord du tout : laisser entendre que le NF serait quotidiennement sur le coup si la chose s’était passée en Valais relève de la plaisanterie. Certainement. Je vous envoie, au choix, aux exemples suivants : VERBIERGATE, LONZAGATE, DORSAZ, CAISSE DE PENSIONS, AUTOROUTES, ETC. Je ne crois pas que l’on puisse dire que le NF était « quotidiennement » sur le coup. D’ailleurs, il me vient une question à votre attention : que pensez-vous du traitement du VERBIERGATE par le NF au fond de vous-même ?

      Et nous verrons bien, tout bientôté, si LE MATIN DIMANCHE, LE TEMPS, LE BLICK, la NZZ oseront faire silence …

      Mais, je vous l’accorde, tout est possible, ici bas, sur terre.

      Bonne journée.

  5. Une autre image du Parisianisme à la Valaisanne, on concentre pour le contrôle et on se coopte. Toutefois ce mélange est étonnant, voir détonnant puisque la Santé est en main d’Esther Weber Kalbermatten. Est-ce que le Soleil a force de briller, a évacué les pigments rouges pour les faire virer à l’orange, ou est-ce la transparence personnelle de ses qualités qui apparaît..
    Dans tout les cas on assiste par la grâce du Covid à l’émergence de la révélation du confinement des réseaux du pouvoir, pas par la compétence mais par atavisme politique, ce qui devient clairement inquiétant, à vous lire c’est la valse des dizaines de Millions …
    Mais le propre d’un psychiatre est de connaître les processus de manipulations dont nous avons pu découvrir la pleine compétence du Professeur Bonvin, pendant ces calendes Covidiennes grâce au soutien actif du Nouvelliste. Gageons que l’urgence coronarienne passée, Vincent Fragnière et son équipe auront pris de la chloroquine journalistique et nous aurons droit au récit précis des événements en regard du réseau Santé Valais (HcR). Ils nous gratifierons de l’analyse factuelle des compétences professionnelles et des responsabilités du « ma fiacca tutti i lavori  » Professeur Bonvin; qui cette fois, c’est une certitude, est atteint du syndrome de PETER. Il adorera sûrement nous sortir ses coquecigrues dont il nous a déjà gratifiés. Mais cette fois le Nouvelliste devra faire preuve de beaucoup moins de complaisance au risque de tomber dans l’échoisme journalistique… y parviendra t’il ?

    1. Vous évoquez les qualités de Mme EWK. Éclairez-vous donc!!
      L’ancien directeur des IPVr n’a pas marqué l’histoire de cet établissement.
      Enfin, le bon Dr Dupuis n’était-Il pas actionnaire d’un obscur laboratoire d’analyse médicale qui se servait du plateau technique de l’Institut central des hôpitaux valaisans? Un certain Jean-Luc Addor avait déposé une question écrite au Gouvernement, alors qu’il était député dépité sans doute par la réponse très évasive de M. Thomas Burgener, un autre fossoyeur du RSV…

  6. Je vous cite : « On va donc imaginer que les trois « Valaisans » du « conseil d’admnistration » du HRC ont eu connaissance jusque dans le détail de tous les éléments qui ont conduit à la situation de 2020, celle qui fait si souci aux conseillers d’Etat vaudois Ruiz et Broulisl »
    Pourquoi seulement Ruiz et Broulis ???
    Vous évitez, encore une fois, soigneusement de mentionner, dans tous vos articles, notre conseillère Esther Waeber-Kalbermatten, membre du Parti socialiste, cheffe du Département de la santé pour son irresponsabilité et son « je sais rien ». Quelle partialité, quelle désinformation dirigée…

  7. Le problème du Valais est qu’ils sont tous cousins.
    Les liens familiaux de 1er, 2ème, 3ème degré (…) minent les institutions en se surimposant à leur fonctionnement. Qu’une affaire éclate et ils se couvrent mutuellement dans leurs liens incestueux. Lonza-Gate, A9, affaires internes à l’environnement, par sortie d’Arnold et un chef de service entrant, amené à traiter vingt ans d’indignité dans l’administration portant sur ce dossier. Toutes les affaires sont non seulemment minées par illégalité, elles le sont également par les liens de cousinage. Il est temps que des fonctionnaires refusent d’agir en complicité de ce système minant le Valais.

  8. Il y a des gens en Valais qui ne sont rien du tout et dont le sang ne s accouple pas avec des singes ; la corruption ; c est Judas son diner et l argent . L obédience judeo-chretenne , l alcol le singe et l argent ! Une autre façon d en rire . Ou les juifs de Sion sont friands de carnavals
    richard pralong

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