
Liminaire de L’1Dex : je ne sais pas vous, mais moi, je me reconnais vraiment dans ce texte qui ne mâche pas les mots de celui-là qui jadis avait édité La Pilule.
(PAR NARCISSE PRAZ)
LETTRE OUVERTE À MON AMI OBJECTEUR DE CONSCIENCE.
Salut, l’ami,
Souviens-toi. C’était en 1973. J’éditais alors mon hebdomadaire satirique « LA PILULE » antimilitariste, libertaire. Toi, tu étais étudiant.
1973, l’année où parut mon « PETIT LIVRE VERT-DE-GRIS » lui aussi antimilitariste. Tirage 12.500 exemplaires. Toi et tes copains et copines tous PACIFISTES CONVAINCUS, vous achetiez mon livre par dizaines et vous alliez le distribuer gratuitement dans les casernes de Genève, de Lausanne, de Sion et autres lieux de recrutement.
Vous organisiez des manifs pour soutenir l’Initiative populaire fédérale lancée par « LA PILULE » dont le but était de piquer le 25% du budget de l’armée suisse au profit de la Lutte contre le cancer:
35.000 signatures alors qu’il en aurait fallu 50.000 pour aboutir.
Comme tous les jeunes PACIFISTES de l’époque, vous vous prépariez à faire de la prison plutôt que de vous soumettre au service militaire obligatoire. Et de la prison, tu en as fait: onze mois!
Bravo! Félicitations. Je t’admire.
2023 50 ans plus tard. Dans moins de 50 jours j’entrerai dans ma 95ème année. ET JE NE SUIS PLUS PACIFISTE DU TOUT depuis que cette horde de crétins, d’abrutis, de gros salopards, de voyous, de crapules de la Bande à Poutine ont envahi l’Ukraine au mépris des lois internationales, y rasent à ras de terre villes et villages, assassinent en bloc ou en privé enfants, leurs mères et grands-mères comme autant de moutons d’abattoirs.
Ami pacifiste, l’humanité, c’est aussi ça: UN RAMASSIS DE SALAUDS
qui parviennent à persuader 145 MILLIONS d’autres humains soi-disant normaux qu’il est urgent et important de rayer de la carte du monde un plus petit pays peuplé seulement de 45 millions d’autres humains vraiment normaux, eu x, mais Ukrainiens. Et toute la Russie, le plus grand pays du monde, marche comme un seul homme derrière cette meute de voyous, de crapules, de salauds,
de merdeux et envoient leur jeunesse massacrer par centaines de milliers une population entière.
Cela ne te rappelle rien, ami pacifiste? Moi, si ça me rappelle Mussolini haranguant une foule immense massée sur la Piazza Venezia de Rome et demandant grossièrement à ce troupeau de moutons enragés » Voulez-vous la paix ou la guerre? » Et la foule des fascistes hurla d’une seule voix: « Vogliamo LA GUERRA! »
Cela me rappelle les foules d’Allemands acclamant le moustachu aussi grotesque que terrifiant Adolphe Hister sur la grand-place de Nüremberg: « HEIL HITLER »! Et derrière eux 80 MILLIONS D’ALLEMANDS faisant le salut hitlérien et se préparant au plus grand massacre jamais survenu dans l’Histoire de l’humanité.,
C’est ça, l’humanité, mon ami pacifiste! C’est cet immense MERDIER
d’où émerge au cours des siècles et des millénaires in Wolfgang Amadeus Mozart, les pieds dans le caca mais le violon au poing.
Ami pacifiste, nous nous sommes trompés de camp. Et j’ai bonne mine, moi, 50 ans après la publication de mon « PETIT LIVRE VERT-DE-GRIS antimilitariste quand je regarde à la télévision, jour après jour le déroulement de la guerre en Ukraine! Brassens me le chanterait: « Avec mon petit Livre vert-de-gris, j’ai l’air d’un con, ma mère, avec ton objection de conscience, mon frère, nous avons tous les deux l’air de deux cons!
C’est ça, l’Humanité? Merde alors! Vivement qu’on livre la Terre à ceux qui la méritent: les animaux, mais pas n’importe lesquels: les herbivores et qu’en disparaissent les carnassiers, les humains inclus.
Narcisse Praz, 14 juillet 2023
Ayant aussi apprécié les Manifestes antimilitaristes comme celui de Narcisse Praz, considérons que la vision devrait être plus nuancée, c’est-à-dire qu’il y a des circonstances pour et contre la violence. Typiquement un autre épisode meurtrier de notre histoire continentale récente était celui de la guerre civile espagnole qui a vu précisément les rêveurs armés affronter les fascistes. Avec quels résultats ? Plus loin que l’EUROPE, la révolution cubaine est assez instructive en tout cas dans la passation des pouvoirs. Ensuite un modèle cubain incompréhensible même pour les autochtones. Encore plus loin en ASIE en Inde, Gandhi, en affrontant les Anglais qui l’ont tout de même emprisonné plusieurs fois a montré que des solutions non-violentes pouvaient aboutir. (Il est vrai que tout le monde n’affronte pas les Anglais dans leur fair-play.) Alors, les armes, que les armes ? L’exode ? Pas si sûr, les Helvètes avaient bien essayé de fuir leur pays, César les y a ramenés par la force. Récemment l’occupation militaire de l’Afghanistan ou de l’Irak et encore même de la Libye n’ont finalement rien donné. Il faudrait peut-être essayer un mélange des genres : c’est-à-dire un peu de non-violence, un peu d’exode, deux doigts de résistance armée pour la forme, mais pas juste la résistance du faible contre la violence du fort. Et en parapluie une économie réelle de partage. Avec cette communauté internationale qui devrait bien se retrouver à agir de façon intelligente face, notamment, aux problèmes environnementaux. Parce que finalement les issues en confrontation, on voit bien qu’elles sont toujours en faveur du pot de fer contre le pot de terre.
On l’était tous un peu, jeunes apprentis ou étudiants, à divers degrés et plus ou moins courageux, pacifistes, idéalistes, donc angéliques, sûrement naïfs, au sortir de la Guerre. C’était une évidence compréhensible. On voulait croire enfin à une nouvelle ère, définitivement désarmée, aimante, glorieuse, travailleuse, équitable, bienveillante et heureuse pour tous et chacun.
Mais le temps passe, la terre tourne, on vit et, pour faire court, l’Histoire millénaire et planétaire de l’humanité nous rattrape dans son inexorable recommencement d’horreurs, de haines et d’injustices. Dans ses barbaries sans fin. Trop nombreuses pour les citer. Ainsi donc, rien de nouveau ce 14 juillet. Pourquoi en serait-il autrement ? A peine surpris. L’homme n’a pas changé.
Guerres de religions, géopolitiques, idéologiques ou culturelles, où la dominance de quelques-uns et la soumission béate du grand nombre règnent. Depuis des siècles, en maîtres. Nous, monde de bipèdes des temps modernes n’ayant rien appris de ses ancêtres. Corrompu, matérialiste, impérialiste, raciste, fasciste, négationniste, suprémaciste. L’Homme est ainsi. Il ne sera jamais totalement bon, n’en déplaise aux évêques.
Aujourd’hui, les multimédias nous dévoilent chaque heure dans le tragique le détail insoutenable, les atrocités dont est capable l’homme, ce pire ennemi de l’homme. On côtoie, on découvre, on est dedans. Avec son lot de mensonges et de désinformations. Autrefois et bien avant, pour la plus part, l’émotionnel était éloigné temporellement de l’évènement violent, transmis ultérieurement par récits et documentaires interposés. Ou alors simplement, on tenait les populations dans une noire ignorance. La douleur et le malheur n’en étaient pas moins grands.
Les nationalismes du 21e siècle se réarment dans un vent d’incertitudes, de menaces et d’anxiété. Pour le pire. La bête humaine est de nouveau en marche.
Comment penser qu’avec davantage de nations surarmés et d’hommes surentraînés ont obtiennent un monde plus sûr, un monde avec moins de massacres de population et de destructions de biens ?
Une personne possédant une simple pistolet chez soi vous dira avoir le sentiment d’être plus en sécurité que sans cette arme. Mais si tous ses voisins viennent à en posséder également une, et pour certains, des plus sophistiquées, sa sécurité s’en trouvera-t-elle réellement renforcée ? Et ce, sans compter qu’avec le temps, l’histoire le démontre, un taré ne manquera pas d’arriver au sein de votre quartier pour vous chercher noise sans vous prévenir.