YVES GAUDIN, YVES BALET, STEPHANE RIAND. DES ECRIVAINS DE POLARS, VRAIMENT ?

17 février 2020

Yves Gaudin, En vérité

 

Yves Balet, Les rivières du péché

 

Stéphane Riand, L’amour du mobile

 

Et Thomas parla et dit ce qu’il faisait :

  • Je me lève, je te regarde, j’ai envie de t’embrasser, je ne t’embrasse pas, je te regarde encore, j’écarte cette mèche rebelle qui me cache ton oreille gauche, je pose mes lèvres dans ton cou, je sens ton parfum sauvage et frais à la fois, je caresse encore une fois ton cou avec mes lèvres, je parcours tes joues avec mes lèvres fermées, je continue mes divagations, mes mains décrivent la courbe de tes seins, j’embrasse tes paupières closes, je sens que tu attends mes prochains pas, tu attends un je ne sais quoi, je te fais languir, j’écoute déjà la montée de ton désir, j’approche mes lèvres de ta bouche, je me colle à ton corps, je me déshabille …. Je colle encore à ton corps, nous avons ouvert toutes nos écoutilles, j’ai envie de lécher ton cou, je le pourlèche, je deviens chien, je connais ton menton, je rencontre ta langue qui fredonne à nouveau vers l’extérieur, tu ne dis pas non, tu ne dis pas oui, j’ai envie de toi, je suis toujours chiant et grognon, tu me réponds de tes frétillements, de tes ondulations, tu vacilles et tu tressailles déjà, tu es sereine et patiente, puis déjà impatiente, tu attends un geste qui ne viendra pas encore, tu en reçois un autre qui te plaît encore plus, tu respires un peu plus fort, je t’embrasse plus fort, je suis presque un carnassier, tu trépignes, tu résistes, je sens tous tes sens en éveil, tu veux de la furie, de la douceur, de la chaleur, tu veux tout …

–        Je te veux toi, Thomas…

Il s’embrassèrent avec chaleur, sans retenue, ils se roulèrent dans le duvet multicolore, ils rirent et sourirent à la fois, ils crièrent de vérité, ils s’aimèrent nus, il devint tigre, elle devint lionne, il eut sa bouche captive, sèche et avide, crépitante, rebelle, langues léchantes, croquantes, tressaillantes, emmêlées, baisers lents, calmes et profonds, baisers plus rapides, plus félins, presque féroces à la fin. Ils sentirent leurs désirs communs. Il s’embrassèrent encore plus lentement. Il croqua ses fesses, ses seins. Il la dévora. Elle le dévora. Ils jouirent.

Ce soir-là, Thomas ne pensa pas aux questions qu’il n’avait pas voulu poser à Lauane. Il écrivit un autre poème. Il l’appela « La sieste crapuleuse ».

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

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