Vents contraires (2)

Les chercheurs continuent à explorer les nouvelles technologies et leur impact sur notre quotidien, et nombreux sont ceux qui observent les changements liés à la lecture. En effet, si nous n’avons rien perdu de notre appétit de lire, la pratique de la lecture est fortement modifiée par les nouveaux supports. Ainsi, on constate que la vision globale ou d’ensemble d’une œuvre devient relativement aléatoire et que la linéarité de cette activité est sévèrement compromise par les différentes fonctionnalités des supports. Qui résiste en effet à la tentation de répondre à ses mails lorsqu’une petite fenêtre s’ouvre, venant troubler notre concentration focalisée sur un texte ?  Plus récemment, d’autres phénomènes liés à l’incidence du numérique sur la langue ont fait l’objet d’études. Dans le Courrier International du 8 au 14 novembre, on découvre qu’un réseau de 60 chercheurs européens investiguant sur l’avenir des langues conclut très sérieusement que 21 d’entre elles (dont le polonais, le norvégien, le portugais… sont « à l’ère de la socialisation en format 2.0, en danger d’extinction numérique ». La faute aux traducteurs, correcteurs et autres systèmes de reconnaissance vocale ne prenant en compte que l’anglais.

Les enjeux de la numérisation

Les enjeux de la numérisation sont multiples et complexes. Ils s’observent dans différentes situations, à savoir soit celles d’œuvres déjà publiées et numérisées dans un second temps, soit d’œuvres conçues pour être proposées sous forme numérique. Si la numérisation permet de raccourcir la chaîne de l’auteur au lecteur, donc de faire des économies d’une part, elle implique d’autre part d’importants investissements. Deux types d’acteurs ont émergé dans ce domaine :