« Stop Mitage », l’initiative pour un aménagement durable du territoire

pic_309Chaque jour en Suisse, l'équivalent de huit terrains de foot est englouti sous le béton, de manière dispersée et sans véritable vision urbanistique. Une fatalité pour certains, car «il faut bien se loger», comme on l'entend souvent… «Oui mais», rétorquent les Jeunes Verts Suisse, qui ont encore quelques mois pour récolter les 100'000 signatures nécessaires à l'aboutissement de leur initiative «stop mitage».

Une grande nouvelle pour le Valais

« Le PDCVr et le PDC  suisse ont enterré la hache de guerre » en une du NF hier. « La paix avec le parti père » en page cinq du même journal. Quelle formidable nouvelle!  Le président Rothen doit disposer de belles compétences au jeu d’échecs, car il est habituel de dire qu’à ce jeu, la menace est plus forte que l’exécution. La menace du PDCVr de quitter le PDC suisse a dû faire trembler le parti père et l’amener à se montrer plus compréhensif face aux problèmes de notre canton et plus particulièrement en liaison avec le futur référendum sur la LAT.

Etalement urbain: le Valais mauvais élève

J’ai déjà à plusieurs reprises eu l’occasion de parler du mitage du paysage dans de précédents billets de l’1dex et des différentes initiatives visant à trouver une réponse à ce problème. Alors que la récolte des signatures contre la révision de la LAT, dont l’objectif est justement de réduire l’étalement urbain, bat son plein, en particulier en Valais, j’aimerais cette fois vous présenter les résultats d’une étude qui a cherché à définir l’étalement urbain et à le mesurer.

Vite, des lits froids tant qu’on peut

Ainsi donc le Conseil fédéral a renoncé, lors de sa séance hebdomadaire de mercredi dernier, à adopter la proposition d’ordonnance de la Lex Weber concoctée par les services de Doris Leuthard car celle-ci prévoyait en particulier une entrée en vigueur au 1er sept. prochain. Les opposants à l’initiative sont ainsi tout contents de constater que leur lobbying a fait mouche et qu’il sera possible (si le Conseil fédéral n’en décide pas autrement d’ici la fin du mois) de continuer à déposer des dossiers de mise à l’enquête jusqu’à la fin de l’année dans l’espoir de faire des réserves de construction de R2 pour ces prochaines années.

Le bon vieux temps

Ah, je vous le dis, c’était mieux au bon vieux temps. Tout le monde est d’accord avec moi pour l’affirmer. Franz Weber tout d’abord, qui trouve qu’il y a trop de chalets, et puis que c’était mieux avant, par exemple dans les années 40. Tandis que les valaisans aimaient mieux quand ils pouvaient faire comme ils le voulaient chez eux. Le Nouvelliste titrait mardi en première page qu’au bon vieux temps on savait chasser les gitans manu militari et surtout on le faisait. Les hommes… ah les hommes… j’en ai entendu oser affirmer qu’à la belle époque il n’y avait pas toutes ces femmes voulant absolument travailler et que c’est pour ça qu’il n’y avait pas de chômage. Fichue égalité je vous le dis. Je ne parle même pas de certains pays musulmans, pas si loin de chez nous, qui y retournent, au bon vieux temps. En Tunisie la femme redevient le complément de l’homme et tout rentre dans l’ordre. Mêmes progrès dans les pays environnants, Egypte, Lybie, etc… Et la santé… n’en parlons pas. Avant cette horrible médecine moderne et ses abominables vaccins et médicaments, c’est bien connu, il n’y avait pas de maladie, pas d’épidémie, on ne mourrait même pas ! Et puis sans contraception on croissait et multipliait, les femmes étaient assez occupées avec leurs devoirs familiaux pour ne pas avoir des idées folles comme une carrière, une indépendance, ou même faire de la politique et exiger l’égalité ! Il y avait assez de bras valeureux pour trimer en Suisse, pas besoin de tous ces étrangers pour croître – ce qui de toute manière ne plait pas à Franz Weber, expert absolu en qualité de vie helvétique. Je ne vous parle même pas des nouvelles filières de formation, du temps de travail qui diminue et s’assouplit… Tous des fainéants, c’était tellement mieux du temps de l’apprentissage de mon grand-père : travail 6 jours sur 7, vacances insignifiantes et pas de salaire. Le travail était une vraie vertu !

Où est la limite?

Le Valais se fait beaucoup de souci ces temps-ci pour son avenir. Après la Lex Weber, c’est au tour de la révision de la LAT de causer passablement de soucis à nos responsables politiques. Nos député-e-s se sont ainsi empressé-e-s presque d’une seule voix (abstention du PS, refus des Verts) de voter une résolution urgente pour un référendum cantonal contre la LAT (cf. le billet d’Olivier Salamin). Quant aux membres du PDC qui sont « furax » (NF du 22 juin), ils ont annoncé vouloir lancer le référendum si aucune autre organisation n’est prête à s’y coller. Ce qui fait pour le moins sourire quand on pense à la couleur politique des dirigeants qui ont piloté (si on peut dire) l’aménagement du territoire ces dernières décennies… Plutôt que d’en vouloir à leurs collègues PDC qui ont accepté la nouvelle mouture de la LAT au parlement fédéral, ils auraient été mieux inspirés d’anticiper et de proposer d’établir un système national de compensation permettant de prélever la plus-value sur la mise en zone à bâtir dans les agglomérations du Plateau suisse pour ensuite indemniser le dézonage dans les communes, notamment valaisannes, ayant des zones à bâtir largement trop grandes (cf. mon billet du 7 mars).

Au petit matin, Jean–Michel Cina sous le feu de la question

A la première heure, ce lundi matin, Jean-Michel Cinal a abordé un grand nombre de sujets. Dans le détail et avec passion. A l’évidence, je ne pourrai fuir pendant l’été la rédaction de plusieurs articles. Les thèmes furent divers et variés : la viticulture, l’agriculture, l’énergie, le tourisme, la LAT, la femme en politique, les valeurs du PDC, la question des prochaines chaires de l’EPFL en Valais, le nouvau « Beirat » qu’il a initié, les moyens financiers mis à disposition du Valais par la Confédération, d’autres encore. Le Conseiller d’Etat a voulu aussi distinguer « la politique de l’artilleur » de celle des « petits pas, pas à pas ».

Michel Rothen n’aime pas le rouge

Selon le « bloc-noteur » du NF, Jean-Yves Gabbud, « Le PS dégaîne. Si la révision de la Loi sur l’aménagement du territoire cause autant de problèmes en Valais, c’est parce que le PDC au pouvoir a géré de manière laxiste cette question ». Le Président du PDC du Valais romand, riposte : « Le PS n’est pas responsable, parce que le PS n’a aucune responsabilité. Le PS est donc irresponsable ».