Affaires FIFA, le procès Blatter-Platini. On a tout simplement honte (16)

11 juin 2022

Liminaire de L’1Dex

Ici à L’1Dex, depuis le 1er mai 2011, nous exprimons le sentiment exprimé par le journaliste Thomas Knellwolf du Groupe TAMEDIA pour le Tages Anzeiger, on a simplement honte de la justice de chez nous. Tel est le message transmis dans L’Affaire BCV-Dorsaz, Manipulation et mensonges d’Etat, dans La Vérité sur l’Affaire Alain Cottagnoud, dans « Il est cinq heures, la justice s’éveille », dans l’imposture du regard du procureur général valaisan Nicolas Dubuis en l’affaire des caisses de retraites du personnel enseignant de l’Etat du Valais, dans les Patatras des APEA, dans l’article signé Claudia Carroz « Yves Donzallaz, nous ne voulons pas de vous au Tribunal fédéral », dans maintes autres situations franchement honteuses pour la justice.

Aujourd’hui voici les pensées écrites de Thomas Knellwolf, traduites en France par un citoyen éclairé voulant se forger sa propre opinion de l’Affaire FIFA-BLATTER-PLATINI.

 

On a tout simplement honte

 

Devant la presse mondiale, la justice n’a pas fait bonne impression lors du procès de Sepp Blatter et Michel Platini.

 

(Par Thomas Knellwolf)

 

Où ailleurs dans le monde peut-on trouver une telle chose ? Cette semaine, lors du procès de Sepp Blatter et Michel Platini devant le Tribunal pénal fédéral, un juge de ce même tribunal a dû témoigner. De plus, ce juge-témoin a été procureur pendant des années. Et maintenant, il est également prévenu dans une procédure apparentée.

En la personne d’Olivier Thormann, la justice suisse révèle un problème : le manque de séparation des rôles. En 2015, alors qu’il était encore chef de division au Ministère public de la Confédération, Thormann avait personnellement ouvert des procédures pénales contre des fonctionnaires corrompus du football et également une contre Sepp Blatter, alors président de la Fifa. Il a ensuite fait une sortie peu glorieuse au sein de l’autorité de poursuite pénale – après avoir dîné avec le juriste en chef de la Fifa et participé à l’une des rencontres secrètes avec le procureur fédéral Michael Lauber et Gianni Infantino. Peu après, l’Assemblée fédérale l’a néanmoins élu juge pénal fédéral. Et maintenant, c’est la pagaille : une procédure pénale est en cours contre le juge pour des rencontres secrètes.

On peut aisément comprendre que Sepp Blatter et son coaccusé Michel Platini ne se sentent pas traités équitablement dans un système juridique où une telle chose est possible. Tout comme le fait que de nombreux journalistes flairent un complot du Ministère public de la Confédération avec l’actuelle direction de la Fifa – même si leurs thèses les plus farfelues n’ont pas été confirmées cette semaine dans la salle d’audience.

Dans le procès contre Blatter et Platini, le Tribunal pénal fédéral a beau s’efforcer de rechercher la vérité et l’équité, la justice suisse laisse une impression embarrassante à l’opinion publique mondiale. Pour que cette impression disparaisse un jour, il faudrait une chose : une prise de conscience que les tribunaux doivent être vraiment indépendants, pas de réunions secrètes et moins de copinage.“

 

Le dernier mot de L’1Dex

S’il était condamné, Michel Platini – dont le cas, nous le répétons sous toutes les formes imaginables est à distinguer pénalement de celui de Sepp Blatter – ne devrait-il pas presque s’enorgueillir d’avoir été si maltraité par de très méchants coquins ? Bien orgueilleux serat à tout le moins celui qui lui jetterait la première pierre. Certes, Michel Platini n’a pas fait tout juste, mais de là à s’appuyer sur le droit pénal, réservé aux vrais coquins et aux méchants, il y a un pas que notre bienveillance ne franchit pas.

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Les précédents épisodes :

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On a tout simplement honte

Stéphane Riand

Licencié en sciences commerciales et industrielles, avocat, notaire, rédacteur en chef de L'1Dex (1dex.ch).

One thought on “Affaires FIFA, le procès Blatter-Platini. On a tout simplement honte (16)”
  1. Il y aurait donc , d’un côté les « Intouchables », les VRP de l’espace médiatique, ceux pour qui l’enquête traîne pendant des années, ceux à qui on laisse tout le temps de falsifier ou de faire disparaître les preuves, ceux qui ont les moyens et les relations pour échapper aux condamnations, ceux pour qui la cupidité n’a d’égale que le sentiment d’impunité; et les autres, ceux-là même que méprise les premiers…

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